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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Un attachement institutionnel en baisse

52 % des Français pensent actuellement que l’on "trouve des vérités fondamentales dans beaucoup de religions", et seulement 6 % que l’on "ne trouve la vérité que dans une seule religion", selon l’enquête ISSP de 1998. Cette dernière affirmation était pourtant approuvée par 50 % des Français en 1952, et encore par 15 % d’entre eux en 1981. Le rapport à la religion a donc évolué de façon considérable.

Cette tendance est confirmée par le Portrait des catholiques résultant d’une enquête CSA de 2006 : 39% des catholiques pensent que "toutes les religions se valent", 50% qu’on "trouve des vérités dans différentes religions, même si elles ne se valent pas", et seulement 7% d’entre eux disent que "le catholicisme est la seule religion qui soit vraie."

Déjà, dans le sondage CSA/La Vie/Le Monde de mars 2003, 77 % des Français (et jusqu’à 82 % des 18-24 ans) estimaient que "de nos jours, chacun doit définir lui-même sa religion indépendamment des Eglises". Le rapport des Français à l’institution religieuse est donc devenu assez lâche.

Jean-François Barbier-Bouvet s’est intéressé aux "sans-religion" en France, qu’il définit à partir des données compilées des enquêtes réalisées par le CSA en 2005. Il en conclut que les frontières entre croyants et incroyants ne sont plus très nettes : parmi les sans-religion, un sur cinq déclare croire en Dieu, 34 % à une vie après la mort.

Source : Jean-François BARBIER-BOUVET, "Les sans-religion en France", Le Monde des Religions 15, janvier-février 2006, p. 28-29.

On peut rapprocher cette étude d’un autre résultat : selon le Portrait des catholiques résultant d’une enquête CSA de 2006, seuls 52 % des personnes se déclarant catholiques pensent que Dieu existe (la moitié d’entre eux pense que "c’est probable", l’autre moitié que "c’est sûr"), et 26 % qu’il n’y a rien après la mort. On voit donc se dessiner une prise de distance des catholiques par rapport aux affirmations traditionnelles de la religion.
Enfin, les trajectoires personnelles évoluent : près de la moitié (46 %) des personnes se disant sans religion disent en avoir eu une auparavant. Malgré cela, 47% d’entre eux pensent qu’il est important de transmettre une religion à ses enfants.
Dans le même temps, toujours selon le Portrait des catholiques, seuls 65 % des catholiques, en revanche, estiment qu’il est important (19 % très important, 46 important) de donner à ses enfants une formation religieuse. L’enquête CSA pour Bayard Presse (6 et 7 juin 2005) sur la transmission de la religion, pour près des deux-tiers (67%) des parents ou grands-parents interrogés, il est très ou assez important de transmettre une connaissance des religions aux enfants ; mais lorsqu’on leur demande s’il est très ou assez important d’éveiller les enfants ou petits enfants à sa foi, ils ne sont plus qu’une petite moitié (49%) à dire que c’est très ou assez important.

25 septembre 2012