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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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Santé et religion

Une laïcité difficile à vivre

Dans son livre La religion à l’hôpital, (Editions Presses de la Renaissance, 2004), Isabelle LEVY exposait un certain nombre de problèmes concrets soulevés par la gestion du fait religieux dans (...)

Dans son livre La religion à l’hôpital, (Editions Presses de la Renaissance, 2004), Isabelle LEVY exposait un certain nombre de problèmes concrets soulevés par la gestion du fait religieux dans l’enceinte de l’hôpital.

Ainsi, le rapport de la Commission Stasi sur la Laïcité du 12 décembre 2003 note que "des fonctionnaires ont exigé de porter, sur leur lieu de travail, une kippa ou un voile manifestant leur appartenance confessionnelle. Récemment des internes en médecine ont également exprimé cette volonté." Certains personnels refusent au nom de leur religion de pratiquer des actes relevant de leurs compétences professionnelles (toilette funéraire, soin à des patients de l’autre sexe, etc.) ou d’assurer des gardes certains jours de la semaine au nom de leur confession. Pour les mêmes raisons, des directeurs d’hôpitaux ferment des unités d’interruption volontaire de grossesse en alléguant des aléas budgétaires, refusent l’aménagement de locaux pour la tenue de veillées funèbres, s’opposent à l’embauche d’aumôniers de confession autre que catholique. Le rapport mentionne également "les refus, par des maris ou des pères, pour des motifs religieux, de voir leurs épouses ou leurs filles soignées ou accouchées par des médecins de sexe masculin" ou encore des soignants "récusés au prétexte de leur confession supposée". On relève aussi des atteintes au droit du libre exercice des cultes, pour les patients et leurs familles, dans les hôpitaux publics (office religieux imposé ou interdit à des malades, refus d’appeler un aumônier, contestation du droit à prier, non respect des interdits alimentaires).

Tant du côté du personnel soignant que des patients, certaines attitudes ou pratiques témoignent, autant de la part du personnel soignant que des patients, de la méconnaissance du principe de laïcité et de sa mise en œuvre dans les établissements de santé.

20 novembre 2012

La santé, une préoccupation récente

L’importance que prennent le corps et la santé dans la société d’aujourd’hui ne va pas sans retentissement dans le domaine du religieux. Ainsi, on assiste à une multiplication des mouvements (...)

L’importance que prennent le corps et la santé dans la société d’aujourd’hui ne va pas sans retentissement dans le domaine du religieux.
Ainsi, on assiste à une multiplication des mouvements charismatiques, notamment de type pentecôtiste. Convaincus que le salut des âmes est indissociable de la santé des corps, ils mettent l’accent sur les pratiques de guérison.
L’augmentation des pratiques de pèlerinages, notamment des pèlerinages de guérison, est également une manifestation de cet intérêt. Dans l’Eglise catholique, on remarque aussi l’accroissement important du nombre de prêtres exorcistes : il y avait une vingtaine de ces prêtres dans les années 1960, la France en compte aujourd’hui 119.

Bernard Boutter (CSRES – Strasbourg), "Pluralité religieuse et marché thérapeutique : la métaphore et ses limites", colloque Pluralisation religieuse et logiques de marché, Strasbourg, octobre 2005.

22 novembre 2012

La laïcité dans les établissements de santé

La laïcité à l’hôpital s’inscrit dans le cadre de l’article R1112-46 du Code de la santé publique, ainsi que de la circulaire sur la laïcité dans les établissements de santé du 2 février 2005 (voir aussi (...)

La laïcité à l’hôpital s’inscrit dans le cadre de l’article R1112-46 du Code de la santé publique, ainsi que de la circulaire sur la laïcité dans les établissements de santé du 2 février 2005 (voir aussi sur le site Eurel, Le cadre juridique des services d’aumônerie à l’hôpital).

Tout citoyen ayant le droit d’exercer librement sa religion, cette possibilité doit rester effective même pour les personnes hospitalisées limitées dans leur capacité de déplacement. Tout établissement public de santé doit donc permettre un libre accès des ministres du culte de leur choix aux patients réclamant leur présence.

La circulaire sur la laïcité dans les établissements de santé du 2 février 2005 comporte deux grands chapitres. Le premier ("Liberté religieuse, principes de neutralité et de non-discrimination") rappelle que le principe de laïcité, qui doit être respecté à l’hôpital, implique à la fois une égalité de traitement des patients et une neutralité des agents hospitaliers.
Les patients "se voient donc garantir la libre pratique de leur culte et la manifestation de leurs convictions religieuses", dans la mesure où les demandes "sont compatibles avec les exigences d’une bonne dispensation des soins". La possibilité de participer à leur culte, de recevoir la visite du ministre de culte de leur choix, et de suivre les préceptes de leur religion (recueillement, nourriture, rites funéraires par exemple) doit leur être garantie. Ces droits s’exercent dans le respect de la liberté des autres, et le prosélytisme est donc interdit. Par ailleurs, le principe de neutralité s’impose aux agents hospitaliers.
Le deuxième chapitre traite du "libre choix du praticien et discrimination à l’encontre d’un agent du service public". Il est rappelé le droit pour le malade au libre choix de son praticien et de son établissement de santé. Ce libre choix, cependant, doit être exercé par le malade lui-même et non par un parent ou un proche ; d’autre part, cette exigence doit se concilier avec les règles de l’organisation du service ou de la délivrance des soins et ne s’applique notamment pas aux cas d’urgence. Il est rappelé que "le libre choix du malade ne permet pas que la personne prise en charge puisse s’opposer à ce qu’un membre de l’équipe de soin procède à un acte de diagnostic ou de soins pour des motifs tirés de la religion connue ou supposée de ce dernier ".

La charte de la personne hospitalisée rappelle ces principes de respect des croyances et convictions des personnes accueillies dans un établissement de santé, qui doivent pouvoir participer à l’exercice de leur culte à condition que cela ne porte pas atteinte au fonctionnement du service ou à la qualité des soins.

Enfin, la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978 interdit toute collecte de données à caractère personnel relatives aux opinions philosophiques ou religieuses. C’est pourquoi les informations relatives à la pratique religieuse des patients seront consignées dans le dossier de soins sans jamais être informatisées, ni conservées sur papier au-delà du séjour hospitalier du patient.

L’Observatoire de la laïcité a publié, en février 2016, un guide pratique sur la question du fait religieux dans les établissements de santé.


- Un récapitulatif en vidéo est disponible en ligne : La laïcité dans la Fonction publique hospitalière, Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) Haute-Normandie.
- Voir aussi la biographie de la Commission Écoles Paramédicales du réseau Ascodocpsy : Laïcité à l’hôpital.

27 janvier 2017