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Parcours historique

La domination historique du catholicisme romain

Historiquement, l’Autriche a été un pays à prédominance catholique romaine pendant de nombreux siècles. Les minorités religieuses, au premier rang desquelles les Juifs, ont souffert de poursuites (...)

Historiquement, l’Autriche a été un pays à prédominance catholique romaine pendant de nombreux siècles. Les minorités religieuses, au premier rang desquelles les Juifs, ont souffert de poursuites récurrentes. Après la Réforme, le protestantisme est devenu la foi dominante dans de grandes parties des territoires des Habsbourg. Encouragés par la noblesse, deux tiers de la population de la capitale de Vienne sont devenus protestants à la fin du XVIe siècle. Au cours de la contre-réforme du 17e siècle, la maison de Habsbourg et l’Église catholique romaine ont utilisé tous les moyens possibles pour parvenir à la recatholisation de la population. Les protestants ont dû fuir le pays ou pratiquer leur religion en secret. La situation n’a changé qu’avec le Toleranzpatent (édit de tolérance), émis par l’empereur Joseph II en 1781, qui a permis aux protestants et aux chrétiens grecs-orthodoxes une forme restreinte de pratique religieuse. En 1782, un édit de tolérance accordant une certaine liberté aux Juifs d’Autriche a suivi.

Source :
- Peter Thaler, Protestant Resistance in Counter-reformation Austria, London, Routledge, 2020, 40.
- Peter F. Barton, Evangelisch in Österreich : ein Überblick über die Geschichte der Evangelischen in Österreich, Studien und Texte zur Kirchengeschichte und Geschichte, Reihe 2 11, Wien [u.a.] : Böhlau, 1987.
- Michael Berenbaum und Fred Skolnik, Hrsg., "Toleranzpatent“, in Encyclopaedia Judaica, 2007.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

La tolérance religieuse dans les territoires des Habsbourg

Après l’instauration par Joseph II de la tolérance en matière de politique religieuse, la réglementation stratégique de la religion est devenue une caractéristique du règne des Habsbourg, bien que la (...)

Après l’instauration par Joseph II de la tolérance en matière de politique religieuse, la réglementation stratégique de la religion est devenue une caractéristique du règne des Habsbourg, bien que la domination et la loyauté évidentes envers l’Église catholique romaine n’aient jamais été remises en question. Les édits de tolérance ont semé les graines d’une ouverture croissante à l’égard des minorités religieuses, mais une approche de l’égalité fondée sur les droits ne devait pas voir le jour avant 1848. Les soulèvements de 1848 ont ouvert la voie à la loi fondamentale de l’État sur les droits généraux des citoyens du 21 décembre 1867, qui accorde des droits civils individuels et contient une disposition sur les droits fondamentaux des Églises ou des sociétés religieuses reconnues par la loi. En 1874, la loi sur la reconnaissance des Églises a précisé les procédures de "reconnaissance légale" des communautés religieuses, qui a été appliquée pour la première fois pour l’Église vieille-catholique en 1877. La reconnaissance de la communauté juive a suivi en 1890 et a remplacé les règlements précédents.

Source :
- Rupert Klieber, Jüdische, christliche, muslimische Lebenswelten der Donaumonarchie 1848-1918, Wien, Böhlau, 2010.
- Richard Potz, "Die Donaumonarchie als multikonfessioneller Staat", Kanon 12, 1994, 49–65.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

Reconnaissance juridique de l’islam en Autriche

À la suite de l’occupation des provinces ottomanes de Bosnie-Herzégovine en 1878 et de leur annexion en 1908, un nombre important de musulmans sont passés sous la domination austro-hongroise. En (...)

À la suite de l’occupation des provinces ottomanes de Bosnie-Herzégovine en 1878 et de leur annexion en 1908, un nombre important de musulmans sont passés sous la domination austro-hongroise. En 1912, la loi sur l’islam a été adoptée dans le but d’institutionnaliser l’islam, de permettre l’exercice légal de la religion et de réduire l’influence institutionnelle de l’Empire ottoman. La loi a accordé une reconnaissance légale spécifiquement aux musulmans appartenant à la tradition majoritaire sunnite-hanafite. Cette reconnaissance historique de l’islam est un aspect assez unique de la politique autrichienne en matière de religion.

Source :
- Kroissenbrunner, Sabine, “Turkish Imams in Vienna”, in W.A.R. Shahid and P.S. van Koningsveld (eds.), Intercultural Relations and Religious Authorities : Muslims in the European Union, Leuven/Paris/Dudley, Peeters, 2002, pp.184-185.
- Dominique Bauer und Astrid Mattes, "Austria", in Yearbook of Muslims in Europe, hg. von Egdūnas Račius u. a., Bd. 10, Leiden, Brill, 2018.
- For an overview see Richard Potz, 100 Jahre Islamgesetz, Wien, Bundesministerium für Europäische Angelegenheiten und Integration, 2012.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

Un État autoritaire catholique

Avec la dissolution de la monarchie des Habsbourg après la Première Guerre mondiale, les lois sur les religions sont restées une partie du cadre juridique. La religion, et plus précisément la (...)

Avec la dissolution de la monarchie des Habsbourg après la Première Guerre mondiale, les lois sur les religions sont restées une partie du cadre juridique. La religion, et plus précisément la politique laïque par rapport à la politique ecclésiastique, est rapidement devenue une importante ligne de division politique. En 1933-34, la population profondément divisée de la Première République d’Autriche a connu une guerre civile et la radicalisation politique a abouti à l’établissement d’un régime autoritaire officiellement soutenu par l’Église catholique. Le parti chrétien-social, ancêtre du parti populaire autrichien, a profité d’une situation conflictuelle au parlement pour abolir le système démocratique, réclamer un "État chrétien" en Autriche et installer une dictature fondée sur les enseignements catholiques. Le Concordat autrichien avec le Saint-Siège est établi durant cette période.

Source :
- Anton Pelinka, Die gescheiterte Republik : Kultur und Politik in Österreich 1918-1938, Böhlau Verlag, 2017).
- Ernst Hanisch, Der lange Schatten des Staates : österreichische Gesellschaftsgeschichte im 20. Jahrhundert, Studienausg, Wien : Ueberreuter, 2005, 77.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

Religion et nazisme

Ce système dit austro-fasciste a été remplacé par le nazisme après l’unification avec l’Allemagne (Anschluss) en 1938, qui a été en partie soutenue par les Églises autrichiennes. En 2018, le conseil (...)

Ce système dit austro-fasciste a été remplacé par le nazisme après l’unification avec l’Allemagne (Anschluss) en 1938, qui a été en partie soutenue par les Églises autrichiennes. En 2018, le conseil œcuménique a publié une déclaration officielle reconnaissant la contribution des Églises à l’"Anschluss". Sous le régime nazi, plus de 130 000 Juifs autrichiens ont été expulsés et plus de 66 000 Juifs ont été assassinés. Outre les minorités ethniques, les opposants politiques et les personnes handicapées, les nazis ont également persécuté le petit groupe religieux des témoins de Jéhovah, dont 145 membres ont été tués.

Source :
- City of Vienna, Expulsion, Deportation and Murder - History of the Jews in Vienna, 2021.
- Aigner, Franz, "Überblick über die Verfolgung der Zeugen Jehovas 1938–1945", in Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes (Hg.) : Zeugen Jehovas – Vergessene Opfer des Nationalsozialismus ?, Wien, 1998, 37–44.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

Racines historiques de la gouvernance contemporaine de la diversité religieuse

Le cadre juridique de la religion que l’Autriche a réadopté après la Seconde Guerre mondiale remonte à la monarchie des Habsbourg. Après la Seconde Guerre mondiale, l’orientation consensuelle est (...)

Le cadre juridique de la religion que l’Autriche a réadopté après la Seconde Guerre mondiale remonte à la monarchie des Habsbourg. Après la Seconde Guerre mondiale, l’orientation consensuelle est devenue le principe directeur des acteurs politiques et sociétaux autrichiens. Si le Parti populaire autrichien conservateur a conservé des liens étroits avec l’Église catholique romaine, il a désormais encouragé une approche générale favorable à la religion qui inclut les minorités religieuses, ce qui a donné naissance au modèle autrichien de politique religieuse inclusive. Les conservateurs et les sociaux-démocrates ont encouragé le consociationalisme en ce qui concerne la politique sociale et du marché du travail, et ont suivi l’orientation consensuelle dans le domaine de la politique de la religion.

Source :
Astrid Mattes, "Turning away from tolerance : Governance of religious diversity on Austria", in Religion and Illiberal Politics, hg. von Anja Hennig und Mirjam Weiberg-Salzmann, Frankfurt am Main, Campus Verlag, 2021.

D 21 février 2022    AAstrid Mattes AKerstin Wonisch

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