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France

  • Décembre 2020 : L’Eglise catholique romaine de France fragilisée par le confinement

La crise sanitaire de 2020 a causé la fermeture totale ou partielle des lieux de culte pendant plusieurs mois. Cela a eu notamment un impact important sur l’Église catholique romaine de France, qui annonce avoir subi en 2020 "un véritable choc" financier, enregistrant une baisse de 30 à 40% de ses ressources. Le "denier du culte", participation financière des fidèles récoltée lors des services religieux, constitue en effet une part importante des ressources de cette Eglise.

Voir le communiqué de presse de la Conférence des évêques de France, et un article dans Le Monde.

Anne-Laure Zwilling
  • Décembre 2020 : L’Eglise catholique, la liberté de culte et l’épidémie (suite)

Le 16 novembre 2020, les représentants des cultes ont rencontré le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin afin d’étudier les éventuelles évolutions des modalités d’exercice du culte dans le contexte de la pandémie de Covid 19. Néanmoins, le 24 novembre, lorsque le président de la République Emmanuel Macron a détaillé les mesures d’assouplissement du second confinement que connaît la France depuis le 29 octobre, il a annoncé que l’assistance aux offices religieux serait limité à 30 personnes. Les responsables des différents groupes religieux ont manifesté leur surprise et leur regret de ne pas avoir été mieux entendus, jugeant cette limite peu rationnelle et inapplicable.
Du fait de l’importance qu’ils accordent à la participation à la messe, les catholiques ont notamment fortement milité en ce sens. Lancée lors du premier week-end de confinement, la pétition Pourlamesse.fr avait recueilli plus de 100 000 signatures en une semaine. Partie des milieux les plus traditionalistes, la revendication a finalement été soutenue par la Conférence des évêques de France, qui a déposé le 27 novembre un référé liberté au Conseil d’État, comme plusieurs autres associations.
Dans sa décision du 29 novembre 2020, le juge des référés ordonne au gouvernement de modifier cette limite de 30 personnes sous trois jours, en l’adaptant par exemple à la superficie des établissements ou à leur capacité d’accueil, afin que celle-ci soit strictement proportionnée au risque sanitaire. Le Conseil d’État a estimé que « la particularité des cérémonies religieuses ne suffit pas à justifier le plafond de 30 personnes imposé à tous les établissements de culte quelle que soit leur taille », que ce plafond était disproportionné au regard de l’objectif de préservation de la santé publique et que le gouvernement avait porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale qu’est la liberté de culte.
Il a appelé à une concertation avec les représentants des principaux cultes.
Le 2 décembre, dans un communiqué de presse, le ministre de l’Intérieur M. Darmanin a indiqué que dans le cadre des échanges avec les représentants des différents cultes, « une nouvelle jauge de présence dans les édifices du culte a été établie ». Les cérémonies religieuses sont autorisées à condition de laisser deux sièges libres entre chaque personne ou entité familiale, ainsi qu’une rangée occupée sur deux.
Les discussions doivent se poursuivre, pour préparer l’évolution des mesures de confinement attendues pour le 15 décembre.

Voir le Décret n° 2020-1505 du 2 décembre 2020 modifiant les décrets n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 et n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire

Anne-Laure Zwilling
  • Novembre 2020 : L’Eglise catholique, la liberté de culte et l’épidémie

La France vit depuis le 29 octobre un deuxième temps de confinement, du fait de la reprise de l’épidémie de Covid-19. Les groupes religieux ont de nouveau été appelés à cesser les rassemblements religieux en présentiel. Des membres de l’Eglise catholique romaine (laïcs, associations et évêques) invoquent cependant la liberté de culte pour demander la reprise des messes. Des manifestations ont eu lieu, les fidèles organisant des prières dans la rue dans un certain nombre de villes de France. De nombreux recours en référé ont été déposés. Il s’agit le plus souvent du courant traditionaliste de l’Eglise catholique romaine (l’association Civitas, proche des intégristes de l’église parisienne Saint-Nicolas du Chardonnet, la fraternité sacerdotale Saint-Pierre, une organisation religieuse traditionaliste), mais on compte également plusieurs évêques.
Déjà, à la fin du premier confinement, les traditionalistes avaient déposé un recours devant le Conseil d’Etat, refusant d’attendre pour reprendre leurs activités, ce que le gouvernement demandait. Ils avaient obtenu gain de cause, et le Conseil d’Etat avait, le 18 mai, demandé au gouvernement de lever l’interdiction des célébrations religieuses.
En novembre, cependant, le juge des référés du Conseil d’État n’a pas suspendu les dispositions du décret du 29 octobre 2020 qui restreignent temporairement, dans le cadre du confinement, la possibilité de se rassembler dans les lieux de culte.
Les manifestations se sont poursuivies, mais ne concernent que l’Eglise catholique romaine. Il est vrai que l’assistance régulière à la messe est une exigence importante de cette religion, et que le premier confinement semble avoir fait perdre à cette Eglise beaucoup de pratiquants réguliers, sans qu’on puisse encore dire s’ils reprendront leur pratique régulière lorsque l’épidémie sera terminée. On constate cependant que l’épiscopat catholique agit là sans le soutien des autres cultes, attendant visiblement des pouvoir publics un traitement particulier.
Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ont rencontré le 16 novembre les responsables des cultes, comme l’avait demandé le Conseil d’Etat ; ils ont exposé que les conditions sanitaires ne permettaient pas la reprise des célébrations publiques. Une reprise maîtrisée devra se faire à partir du 1er décembre, en fonction des conditions sanitaires. La Conférence des évêques de France appelle au respect de cette décision et à la patience.
Il n’est pas sûr que cet appel des évêques soit suivi par tous les fidèles, et d’autres manifestations ont encore lieu en fin de semaine, malgré l’avertissement du ministre de l’Intérieur disant qu’il n’hésiterait pas à "envoyer les policiers et gendarmes verbaliser", en cas "d’acte répété", les personnes qui manifesteraient pour la réouverture des messes.
Ces "prières de rue" suscitent en effet l’incompréhension de beaucoup. D’abord, certains reprochent à ces manifestants de prendre trop à la légère les règles sanitaires limitant les rassemblements. Mais la question de la légalité de ces manifestations religieuses publiques dans une France laïque est souvent posée, surtout après les tensions de 2017 quand de nombreux élus s’étaient opposés aux prières pratiquées dans la rue par des musulmans qui réclamaient l’ouverture d’une mosquée.

Anne-Laure Zwilling
  • Mai 2020 : Les cultes et l’épidémie de Covid 19

Un article de Jacqueline Lalouette fait le point sur les cultes en France au temps du Covid 19 (Fondation Jean Jaurès).

Le 18 mai 2020, le juge des référés du Conseil d’État ordonne au Gouvernement de lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte et d’édicter à sa place des mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires et appropriées en ce début de « déconfinement ».

Anne-Laure Zwilling
  • Mars 2020 : Face à l’épidémie de coronavirus

Face à l’épidémie de coronavirus qui touche actuellement la plupart des pays européens, de nombreux groupes religieux ont fourni des indications sur le respect des consignes de confinement pendant cette crise sanitaire.

Catholicisme : la Conférence des évêques de France a décrété qu’aucune messe ne devait être célébrée avec une assemblée. Les obsèques peuvent être célébrées avec une assemblée inférieure à 20 personnes, qui devront se répartir dans l’ensemble de l’église ; enfin, les confessions doivent se faire dans des lieux qui permettent un mètre de distance et de ne pas se tenir face à face.
Islam : le Conseil français du culte musulman a appelé toutes les mosquées à "suspendre l’organisation des prières du vendredi" à partir de la semaine prochaine et "jusqu’à nouvel ordre". Chems-eddine Hafiz, recteur, a annoncé la fermeture de la Grande mosquée de Paris. Le CFCM invite les fidèles à faire leurs ablutions chez eux, avant d’aller à la mosquée. Les toilettes rituelles des défunts sont suspendues également.
Protestantisme : la plupart des Eglises protestantes ont annoncé la fermeture des lieux de culte : l’Eglise protestante unie de France demande de limiter au maximum les activités, l’Union des églises protestantes d’Alsace-Lorraine annule tous les cultes , les églises baptistes et adventistes ont demandé à fermer.
Judaïsme : le Consistoire central israélite a annoncé la fermeture des synagogues.
Orthodoxie : les offices religieux orthodoxes sont également suspendus (voir le communiqué de la métropole de France invitant à la fermeture des églises).

Selon un sondage YouGov publié par huffingtonpost.fr, 93% des personnes interrogées approuvent la mesure de confinement, jugée nécessaire à la lutte contre la pandémie.

Cette année, les fêtes religieuses des monothéismes auront toutes lieu en avril (Pessah du 8 au 16 ; Pâques autour du 12 avril pour les catholiques et protestants et pour les orthodoxes le 19 ; le ramadan autour du 24 avril). Le 23 mars, le président de la République a réuni par audioconférence les responsables des principaux cultes (musulman, catholique, protestant, bouddhiste, orthodoxe) ainsi que des associations laïques et de francs-maçons, et a annoncé que ces fêtes religieuses à venir devront se faire "sans rassemblement".
Le président a également déclaré qu’il n’était pas question que la crémation se généralise pour les personnes décédées du Covid-19. Il faudra cependant prendre en compte la question des espaces funéraires, sachant que plusieurs carrés musulmans arrivent à saturation.

Anne-Laure Zwilling

D 11 octobre 2022    AAnne-Laure Zwilling

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