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2016

  • Octobre 2016 : Grève du "lundi noir" contre l’interdiction de l’avortement

Un nouveau projet de loi proposait une interdiction absolue de l’avortement, assortie d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les femmes et leurs médecins, quelles que soient les circonstances de l’avortement. En réponse à cette proposition, les femmes polonaises se sont mises en grève le lundi 3 octobre, boycottant le travail et l’école à Varsovie, Gdansk, Wroclaw et dans tout le pays, dans ce qui a été appelé la grève du "lundi noir". En conséquence, le projet de loi a été rejeté par le parti au pouvoir.

  • Juillet 2016 : Visite du Pape François en Pologne

La Pologne prépare activement la visite du Pape, attendue en juillet prochain, lors de la célébration du 1050e anniversaire du baptême de Mieszko Ier, premier roi de Pologne.
La loi du 18 mars 2016 sur les adaptations spéciales adoptées pour l’organisation de la visite de Sa Sainteté le Pape François en République de Pologne et des Journées mondiales de la jeunesse (voir la loi en polonais) - Cracovie 2016 introduit, entre autres, des tâches spéciales de l’administration publique pour assurer la sécurité, l’ordre public, la sûreté et le transport médical pendant ces événements. Elle prévoit les principes de la coopération entre l’administration publique et l’archidiocèse de Cracovie (organisateur des Journées mondiales de la jeunesse).

Le rassemblement international catholique de la jeunesse, Journée mondiale de la jeunesse, aura lieu en 2016 à Cracovie, du 25 au 31 juillet. Pendant les Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne, le Pape François visitera Cracovie, Jasna Góra (Częstochowa), et Auschwitz (voir le programme).

En présence du président de la République de Pologne et des plus hautes autorités du pays, le pape François concélébrera la messe à l’occasion du 1050e anniversaire du baptême de la Pologne, un événement d’importance nationale.
De décembre 2015 à juin 2016, sept rencontres ont été organisées dans le sanctuaire de la Miséricorde divine à Cracovie-Łagiewniki. Des invités spéciaux venus de Pologne et de l’étranger ont présenté les thèmes de la miséricorde et des œuvres de miséricorde. La série de rencontres et de conférences spirituelles intitulée "Pour nous et pour le monde entier" est diffusée en ligne.

  • Mai 2016 : Une question controversée : la fécondation in vitro (FIV)

Sous la pression sociale, l’ancien gouvernement de coalition de la Pologne (2007-2015) a tenté sans succès de faire passer une loi concernant la fécondation in vitro (FIV). En juin 2015, le parlement polonais a finalement adopté une loi sur le traitement de la FIV. La loi (qui est entrée en vigueur le 1er novembre 2015) prévoit le droit d’utiliser la procédure in vitro pour les mariages et les personnes en relation de partenariat. La méthode de FIV sera disponible après que les autres traitements, menés pendant au moins 12 mois, aient été épuisés. Le Bureau de la Conférence épiscopale polonaise a clairement exprimé son opinion lors du débat, annonçant notamment que d’un "point de vue moral, la fécondation in vitro ne peut être acceptée, car elle transforme l’homme en un produit de l’activité humaine, et est soumise à une rationalité technique et non éthique". L’ancien ministre de la Santé, le prof. Marian Zembala, a souligné que la FIV ne dépasse pas les limites de l’éthique. Il a également présenté au public un nouveau plan budgétaire de l’État incluant le financement des procédures de FIV, pour les années 2015-2019. Sa déclaration officielle a provoqué des protestations massives de la part du parti PiS (Droit et Justice), en octobre 2015, au moment des élections (voir Polska Newsweek et TVP info). Le nouveau soutien financier au traitement de l’infertilité porte sur plus de 304 millions de PLN. C’est la première fois dans l’histoire du traitement médical polonais que la FIV est financée par l’État. Les données officielles présentées par le ministère de la Santé montrent que 3000 enfants sont déjà nés grâce à cette méthode.

Le parti conservateur au pouvoir (Droit et Justice) a remporté les élections législatives de l’année dernière. Le gouvernement actuel tente de redonner un rôle important à l’Église catholique dans la société polonaise. Parce qu’il est fortement soutenu par l’Église catholique, certaines des actions du parti au pouvoir sont très fortement liées aux valeurs chrétiennes. Les récentes manifestations ont mis en évidence des tendances divergentes chez de nombreux Polonais (voir Natemat ou Polska Newsweek).

Selon le nouveau règlement sur le financement des programmes de santé (Journal officiel du ministre de la Santé du 11 mars 2010. No. 4. pos. 32, notamment §9), le ministre de la Santé a approuvé la répartition des fonds publics alloués en 2016 pour la mise en œuvre du traitement à but spécial de l’infertilité avec la méthode FIV, uniquement jusqu’au 30 juin 2016. Après cette date, le financement public de la FIV cessera complètement.

  • Avril 2016 : Nouveau projet de loi anti-avortement

Les dispositions de la loi actuelle sur l’avortement (la loi du 7 janvier 1993 relative à la planification familiale, à la protection du fœtus humain et aux conditions de licéité de l’avortement) n’autorisent l’avortement que lorsque la vie ou la santé de la femme est menacée, lorsque la grossesse résulte d’un crime, y compris le viol ou l’inceste, ou lorsque le fœtus est irrémédiablement endommagé. Les dispositions actuelles de la loi ont été systématiquement critiquées par les croyants et par les politiciens des partis de droite comme étant le fruit erroné du compromis immoral conclu en 1993 entre l’Église catholique et les milieux libéraux.
Un nouveau débat a été ouvert après les élections parlementaires de 2015, car le pouvoir est actuellement détenu par un gouvernement conservateur dont les membres soulignent pour la plupart qu’ils sont catholiques et suivent l’enseignement des évêques.
En 2016, l’église catholique célèbre l’anniversaire des 1050 ans du baptême de la Pologne. Le Bureau de la conférence épiscopale polonaise a clairement exprimé son opinion lors du débat : "En cette année jubilaire du baptême de la Pologne, nous exhortons toutes les personnes de bonne volonté, croyants et non-croyants, à agir pour assurer une protection juridique complète des vies à naître." De l’avis du sociologue polonais Zbigniew Mikolejko, l’appel des évêques polonais à renforcer la loi anti-avortement est le prix à payer pour le soutien de l’Église catholique au parti au pouvoir PiS (Droit et Justice).
Après le 3 avril 2016, lorsque le message des évêques polonais contre l’avortement a été lu dans les églises, les groupes pro-avortement ont organisé des manifestations dans de nombreuses villes (voir Wiadomości et Polska Newsweek). Le leader du parti PO (Plate-forme civique) Grzegorz Schetyna soutient les groupes pro-avortement, et a annoncé que de nouvelles manifestations de rue et des initiatives de référendum pour sauver les dispositions libérales actuelles sur l’avortement sont à venir. De nombreux groupes pro-avortement soutiennent les actions contre le projet de nouvelle loi (voir Plotek). De nombreuses personnalités ont également participé à une manifestation contre la loi anti-avortement sur Facebook, #wspieramdziewuchy.
Le gouvernement a réagi avec prudence. La première ministre Beata Szydlo a déclaré que le gouvernement ne préparait aucune législation sur l’avortement. Elle a fait valoir qu’une question aussi sensible et importante était devenue un élément de lutte politique.
Le groupe pro-vie "Stop Abortion" collecte actuellement les votes pour soutenir le nouveau projet de loi sur l’avortement. Les nouvelles dispositions prévoient des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les médecins, les autres travailleurs de la santé et les femmes impliqués dans un processus d’avortement. Le projet de loi est disponible ici (en polonais).

D 24 novembre 2016    AMichał Zawiślak

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