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Décembre 2022

  • L’appartenance religieuse selon les données provisoires du recensement de 2021

Selon les premières données provisoires rendues publiques par l’Institut national de la statistique concernant le recensement de la population (2021), la Roumanie a perdu plus d’un million d’habitants depuis le dernier recensement, soit plus de 5 % de la population : 19 053 815 habitants en 2021 (20 121 641 en 2011). Et avec la diminution de la population, le nombre de croyants a également diminué.
Sur une population résidente de plus de 19,05 millions de personnes en 2021, seuls 16 millions ont déclaré leur religion. 85,3 % d’entre elles sont de religion orthodoxe, 4,5 % des catholiques romains, 3,0 % sont de religion réformée et 2,5 % des pentecôtistes. La plus forte baisse a été enregistrée chez les orthodoxes. Si en 2011 ils étaient plus de 16,3 millions, actuellement moins de 14 millions de personnes ont déclaré appartenir à la religion orthodoxe. Il s’agit d’une diminution de 2,3 millions de personnes en 10 ans.
Il y a également eu des baisses, autour de 100 000, pour les personnes qui se sont déclarées catholiques romaines ou réformées. Lors du recensement précédent, 870 774 Roumains se déclaraient catholiques romains, et en 2021 seulement 741 276. Pour les réformés, ils étaient, en 2011, 600 932, et aujourd’hui seulement 495 380.
Le groupe religieux qui a connu une augmentation significative du nombre d’adeptes depuis le dernier recensement est les pentecôtistes. Ils sont 42 000 de plus. Si en 2021, 362 000 habitants se déclaraient pentecôtistes, leur nombre est désormais passé à plus de 404 000.
58 335 personnes se sont déclarées musulmanes, tandis que 2707 personnes ont opté pour le culte mosaïque. Lors du recensement tenu en 2021, seules 57 205 personnes se déclaraient athées et 71 417 disaient n’avoir aucune religion. 25 485 personnes se déclarent agnostiques.

  • Le Baromètre de la vie religieuse (3e édition)

Le Baromètre de la vie religieuse est un outil de sondage d’opinion sur la vie religieuse des Roumains réalisé annuellement, à partir de 2020, par l’Académie Roumaine en partenariat avec le Secrétariat d’État aux Cultes.
La 3e édition (2022) du Baromètre de la vie religieuse a été menée entre le 27 novembre et le 9 décembre 2022 sur un échantillon national représentatif composé de 1000 personnes âgées de plus de 18 ans. L’enquête a mis en évidence que :
- L’Église est l’institution dans laquelle les Roumains ont la plus grande confiance : une grande confiance (36,7 %) ; une très grande confiance (29,6 %) ;
- 83 % des Roumains se déclarent religieux, 27 % assistent à des offices religieux hebdomadaires et 17 % mensuels ;
- 54 % des Roumains prient quotidiennement ;
- 70 % des Roumains jugent naturel d’un point de vue démocratique voire nécessaire que certains leaders d’opinion s’expriment publiquement en faveur de la religion ;
- Près de 60 % des Roumains ne voteraient pas pour un politicien athée ;
- L’appartenance de la Roumanie à l’espace euro-atlantique ne contredit pas la religiosité des Roumains, quelle que soit leur religion.

  • L’Église orthodoxe roumaine s’oppose au financement public de l’avortement en l’absence d’une urgence médicale

Dans le contexte où plusieurs ONG ont demandé le financement par l’État de l’avortement, le Patriarcat roumain a envoyé un communiqué de presse s’opposant fermement à cette approche. Selon le communiqué, « […] la position de l’Église orthodoxe roumaine et de tous les groupes religieux envers l’avortement est claire, naturelle, ferme et irréversiblement orientée vers la vie [...]. L’Église invite au respect et à la protection de la vie et de la dignité de la personne humaine, […], la vie étant un don significatif de Dieu pour l’individu étranger à l’individualisme farouche et à la communauté de nous tous, ceux qui ont eu la chance d’être nés […] ».
Selon les données de l’Institut national de santé publique, au premier semestre 2022, dans 13 comtés de Roumanie, aucun avortement n’a été signalé dans le système de santé publique, et dans trois de ces comtés, il n’y avait pas d’accès à l’avortement sur demande, ni dans le système médical public ni dans le système médical privé. Deux interruptions de grossesse sur trois dans tout le pays ont été effectuées dans le système médical privé.

D 3 janvier 2023    AGabriel Birsan

CNRS Unistra Dres Gsrl

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