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Formation des imams

  • Janvier 2021

L’année 2020 a été dominée par l’intention annoncée par le chef de l’État de lutter contre le « séparatisme religieux », dont Emmanuel Macron a finalement présenté publiquement le contenu en octobre 2020. Bien que l’islam ne soit pas explicitement visé, de nombreux aspects de la loi peuvent concerner l’Islam, à savoir : la neutralité du service public est renforcée ; les subventions aux associations seront soumises à des conditions ; il y aura une limitation de l’enseignement à domicile et un renforcement des écoles publiques laïques ; également des mesures sur l’héritage (garantissant l’égalité des sexes), la polygamie et le mariage forcé ; des ajustements concernant l’exercice du culte.

En ce qui concerne l’islam, le plan prévoit notamment de « libérer l’islam en France des influences étrangères », stabiliser la gouvernance des mosquées, et former en France des imams « qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République ». Cela vise surtout le système des imams détachés, provenant de trois pays avec lesquels l’État français a passé des accords (150 Turcs, 120 Algériens et 30 Marocains, sur quelque 2500 mosquées) travaillent en France en étant payés par leur pays d’origine.

Dans cette perspective, le CFCM a publié en novembre un document intitulé Formation des responsables religieux français et lutte contre la radicalisation : Une priorité de l’islam de France. Le président Emmanuel Macron a reçu les présidents des fédérations composantes du CFCM au Palais de l’Élysée pour faire le point sur l’avancement du projet de création du Conseil national des imams (CNI). Le CNI met en place une procédure d’agrément des imams au niveau national en fonction de leurs connaissances religieuses, de leurs compétences pédagogiques et de leurs qualités humaines. Cependant, l’idée d’un conseil des imams pour réglementer l’accès à la fonction soulève des questions. Chaque mosquée est libre de recruter qui elle veut comme imam. Il n’est pas possible de déterminer qui pourrait donner au CFCM le monopole de la certification des imams, et rien ne garantit que les mosquées se sentiraient concernées par ce label. Les pouvoirs publics français ne peuvent pas vraiment s’impliquer dans cette question strictement religieuse sans enfreindre la loi de séparation des Églises et de l’État.

Voir :
- Cécile Chambraud, "Mosquées, imams… Les propositions de Macron pour un islam libéré des influences étrangères’", Le Monde, 3 octobre 2020 ;
- Alexandre Lemarié, Olivier Faye, "Emmanuel Macron présente son plan contre le séparatisme islamique", Le Monde, 2 octobre 2020.

D 9 février 2021    AAnne-Laure Zwilling

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