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2018

  • Octobre 2018 : Référendum pour modifier la Constitution irlandaise en matière de blasphème

Le 26 octobre 2018, un référendum sur le blasphème aura lieu. La modification proposée à la population consiste à supprimer l’unique référence au blasphème dans l’article 40.6.1 de la Constitution. Jusqu’à présent, ce référendum n’a pas soulevé beaucoup de débats publics. Le vote du référendum coïncidera avec le vote de l’élection présidentielle.

Récemment, les évêques catholiques irlandais ont abordé cette question lors de leur assemblée générale d’automne, où ils ont noté que la référence constitutionnelle au blasphème était "largement obsolète" tout en appelant au respect de la liberté d’expression religieuse. En outre, la question a fait l’objet d’une délibération du Conseil irlandais des églises/Réunion inter-églises irlandaises.

Pour en savoir plus, voir Irish Catholic Bishop’s Conference, Irish Churches, Referendum Commission.

  • Mai 2018 : Vote irlandais sur l’avortement

Le vendredi 25 mai 2018, l’électorat irlandais a voté pour l’abrogation du huitième amendement de la constitution, qui accorde une protection constitutionnelle égale au droit à la vie de la mère et de l’enfant à naître. Le résultat global a été de 66,4 % en faveur de l’abrogation (vote " Oui ") et de 33,6 % contre (vote " Non "). Une caractéristique notable du résultat (basée sur les données des sondages à la sortie des bureaux de vote) a été le vote majoritaire en faveur de l’abrogation dans différentes catégories sociales, telles que l’âge, le sexe et le lieu de résidence. Dans un seul comté (sur 32) - le Donegal, dans le nord-ouest du pays - le vote négatif a été majoritaire. Il est intéressant de noter que le modèle de vote du référendum de 2018 correspond au résultat du référendum de 1983 (qui a inscrit l’amendement dans la Constitution en premier lieu) inversé.

Ce vote ouvre la voie à la législature pour présenter une loi fournissant des services d’avortement en Irlande. Bien que le calendrier et la forme exacte que prendra cette loi ne soient pas encore clairs, elle autorisera l’avortement sur demande jusqu’à 12 semaines et l’avortement après 12 semaines pour d’autres motifs, dans le cas où la vie de la mère est menacée.

Les groupes religieux tels que l’Église catholique n’ont pas accueilli favorablement le résultat du référendum. Tout en respectant le processus démocratique, le primat catholique, l’archevêque Eamon Martin, a souligné que le résultat du référendum supprimera la protection juridique du droit à la vie des enfants à naître, un principe clé de l’enseignement catholique. En outre, le primat a noté que le résultat signifiait que le mouvement pro-vie devrait poursuivre ses efforts pour protéger la vie à naître contre la destruction intentionnelle et pour soutenir les femmes confrontées à des grossesses en crise.

Pour plus de détails, voir :
The Citizen’s Assembly, Thirty-sixth Amendment to the Constitution Exit Poll, Irish Catholic Bishops’ Conference.

  • Avril 2018 : Débat irlandais sur l’avortement

Un référendum sur l’abrogation du 8e amendement (datant d’un référendum de 1983) de la Constitution - reconnaissant le droit égal à la vie de la mère et de l’enfant à naître et confirmant ces droits dans la loi - aura lieu le 25 mai 2018. En cas d’adoption du référendum, le gouvernement légiférera sur les circonstances (énoncées dans le projet de loi de 2018 sur le 36e amendement de la Constitution) - par exemple, l’accès à l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse et la disposition relative à l’objection de conscience des professionnels de la santé - dans lesquelles l’avortement sera légal.

À l’approche du vote référendaire, les groupes de défense des deux côtés du débat ont fait valoir leurs positions respectives. Comme lors des précédents débats sur l’avortement, les groupes "pro-choix" et "pro-vie" (également appelés "anti-avortement") se sont publiquement mobilisés.

La hiérarchie catholique a appelé à un vote négatif, en invoquant l’interdiction catholique d’ôter intentionnellement la vie humaine. Cette position est soutenue par des groupes tels que Pro Life Campaign et Love Both. Dans le même temps, d’autres acteurs religieux - dont l’évêque de Limerick de l’Église d’Irlande - ont appelé à voter Oui. D’autres évêques de l’Église d’Irlande - dont les archevêques d’Armagh et de Dublin - ont rejeté les propositions visant à permettre l’avortement sur demande jusqu’à 12 semaines.

Du côté des partisans de l’abrogation, des groupes tels que Abortion Rights Campaign et Together for Yes font également campagne publiquement et font appel au droit humain des femmes à faire leurs propres choix en matière de reproduction, y compris l’accès à l’avortement. Les groupes pro-abrogation soulignent que les femmes irlandaises ont déjà accès aux services d’avortement au Royaume-Uni, un service qui n’est actuellement pas disponible en Irlande. De plus, les groupes pro-abrogation soutiennent que l’abrogation contribuerait à protéger la santé des femmes irlandaises en réduisant la probabilité de recours à d’autres interventions (par exemple, les pilules abortives).

Pour plus de détails, voir :
- Projet de loi 2018 sur le 36e amendement de la Constitution.
- Message des évêques catholiques irlandais, Deux vies, un amour.
- Déclaration de l’archevêque d’Armagh et de l’archevêque de Dublin.

D 19 octobre 2018    ABrian Conway

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