eurel     Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

2017

  • Mai 2017 : Projet de loi sur l’identité de genre

Le Parlement grec a voté sur la reconnaissance légale du genre. Le projet de loi du gouvernement permet notamment aux personnes de modifier leur identité sexuelle sur tous les documents officiels sans qu’un diagnostic psychiatrique ou une intervention médicale ne soit nécessaire pour sa reconnaissance.
En outre, à l’instar de nombreux États membres de l’UE, la loi permet aux personnes transgenres de déterminer le genre qu’elles souhaitent à partir de l’âge de 15 ans.
L’Église orthodoxe de Grèce a condamné cette loi comme étant immorale, considérant qu’elle constitue une évolution négative pour la cohésion sociale, car elle "détruira les êtres humains". En outre, l’influente communauté monastique du Mont Athos a considéré le projet de loi comme une "violation de la loi de Dieu".
D’autre part, malgré la position négative de l’Église, le vote du nouveau cadre juridique n’a conduit ni à une mobilisation à grande échelle de l’Église contre sa mise en œuvre, ni à la polarisation de la compétition politique sur la base de l’agenda du soi-disant système de valeurs familiales.

Sources :
- Site Internet du ministère de la Justice (en grec)
- Voir aussi Greek Reporter et Greek City Times.

  • 27 mars 2017 : La future réforme constitutionnelle

Le gouvernement a publié ses propositions sur la réforme constitutionnelle. En matière de religion, il propose la "distinction entre l’État et l’Église, dans le plein respect de l’Église orthodoxe et de son rôle historique". En conséquence, il maintient la protection expresse de la neutralité religieuse de l’État, tout en reconnaissant l’orthodoxie dans une perspective historique comme la religion "dominante". Toutes les autres dispositions de l’art. 3, par exemple l’unité avec les autres Églises orthodoxes ou le système synodal actuel, ne seront plus protégées par la Constitution. La reconnaissance de l’Église orthodoxe comme étant historiquement "dominante" n’aura pas d’effet négatif sur les autres groupes religieux (art. 3). En outre, la réforme proposée rendra obligatoire le serment civil lors de l’exercice d’une fonction publique (art. 13).

  • Mars 2017 : Sondage d’opinion public sur les relations entre l’Église et l’État.

Un sondage d’opinion a été réalisé du 20 au 23 mars 2017 (Analyse Palmos pour le site web de TVXS, en grec) en ce qui concerne la religion. Il révèle que 54 % des personnes interrogées sont en désaccord avec l’idée d’une séparation totale entre l’Église et l’État, tandis que 42 % sont d’accord (5 % ne répondent pas). 84 % sont d’accord avec l’imposition des biens religieux (13 % ne sont pas d’accord, 4 % ne répondent pas). Par ailleurs, 85 % sont contre l’abolition de l’enseignement religieux à l’école (12 sont en désaccord et 2 % ne répondent pas).

  • 3 mars 2017 : Création d’installations privées pour la crémation.

La crémation est légale en Grèce depuis février 2016. Cependant, la forte opposition de l’Église orthodoxe grecque a entravé sa mise en œuvre au cours des deux dernières années. Le ministre de l’Intérieur, P. Skourletis, a annoncé au Parlement la décision du gouvernement d’établir un cadre juridique qui permettra la création d’installations privées pour la crémation (voir ert, en grec). Étant donné que les municipalités, qui sont les autorités compétentes pour créer et gérer de telles installations, ont été réticentes à prendre les dispositions nécessaires, la proposition d’un projet de loi pertinent est considérée comme une obligation pour sauvegarder le respect du droit individuel au libre choix.

D 14 novembre 2017    AKonstantinos Papastathis

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