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2016

  • 2016 : Religion et éthique de la famille

La question de l’éthique familiale et sexuelle a été l’une des préoccupations en Slovaquie en 2016. C’était aussi l’une des tendances de la campagne avant les élections nationales.

Les responsables de l’Église ont très souvent exprimé des points de vue conservateurs à ce sujet. En février, la Conférence des évêques slovaques (KBS) a présenté Dix points pour une meilleure Slovaquie, document destiné aux candidats politiques de la campagne préélectorale. L’un des points était de refuser la Convention d’Istanbul contre les violences conjugales et les violences faites aux femmes, affirmant qu’il s’agissait d’un instrument d’idéologie de genre en Europe. La KBS a également demandé à ce que toute législation sur la famille comprenne l’expression « la base de chaque famille se forme par le mariage entre un homme et une femme », et demandé une réglementation plus stricte des avortements. L’Église a également pris position sur la politique : l’archevêque de Trnava a demandé le 25 avril aux prêtres catholiques de ne soutenir aucun parti ou mouvement politique libéral, de gauche ou de droite. Selon lui, les partis libéraux diffusent l’idéologie du genre, soutiennent les LGBTI, l’interruption volontaire de grossesse et d’autres questions amorales. Les 8 et 9 septembre, deux jours de discussions formelles ont été organisés par les conférences épiscopales d’Europe centrale et orientale, intitulées « Crise migratoire et famille ». Lors du sommet, le président du Parlement slovaque Andrej Danko, à la tête du Parti national slovaque (SNS), a affirmé qu’il tenterait de contrecarrer l’introduction de valeurs lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) en Slovaquie. M. Danko a également déclaré qu’il était « fier de vivre dans un pays majoritairement habité par des personnes de foi et de valeurs chrétiennes ». Le 15 septembre, à l’occasion du pèlerinage national catholique à Šaštín, l’archevêque Bober avait critiqué dans son discours sur la famille les médias, les sociologues et d’autres pour avoir promu un modèle familial non stéréotypé. Il a accusé les médias de soutenir et diffuser l’idéologie dite de genre selon laquelle les chrétiens de Slovaquie devraient être exclus dans la société.

Parallèlement, certains membres de la société slovaque expriment la promotion des couples de même sexe. Le 30 juillet, la Rainbow (Dúhový) Pride est revenue dans les rues de Bratislava dans le but de rendre l’union civile accessible à tous. Cette année, le défilé était lié à la campagne Životné partnerstvo (Union civile), visant à obtenir le soutien du public pour la légalisation des partenariats entre personnes du même sexe et leurs familles. En réaction, l’initiative chrétienne Hrdí na rodinu (Fiers de la famille), créée par les mêmes personnes que l’Alliance pour la famille et la Voix pour la famille, a formé une chaîne vivante pour soutenir la « famille traditionnelle ».

Mi-septembre, des militants chrétiens slovaques ont lancé une nouvelle initiative baptisée Maman, papa et enfants contre les mariages homosexuels dans l’UE. Ils affirment que les termes comme « mariage entre un homme et une femme », « famille basée sur le mariage » ou « parentalité et relation familiale entre parents et enfants » devraient être une référence pour tous les États membres de l’UE. Cette initiative est liée à l’Alliance slovaque pour la famille, qui avait lancé le référendum sur la famille en 2015. Cette nouvelle initiative vise les décisions individuelles des pays membres sur l’éducation des enfants et la réduction des divorces dans l’UE. Selon eux, le système devrait inclure un contenu clair, mais minimal, englobant tous les termes applicables à tous les pays dans tout règlement publié par l’UE contenant des mots comme « mariage » ou « famille ». Les pays pourraient ajouter des « termes supplémentaires », y compris l’approbation des mariages entre personnes du même sexe. Cependant, l’initiative doit recueillir un million de signatures d’ici le 10 décembre, tandis que dans sept pays, elle doit respecter un certain minimum. Actuellement, elle compte plus de 100 000 signatures en ligne et environ 80 000 signatures sur papier. Les personnes peuvent soutenir l’initiative sur le site web ou utiliser des formulaires papier (source : The Slovak Spectator et Otcamamudetom).

Enfin, un jeune aumônier, Jakub Pavlús, a attiré l’attention des médias slovaques début août. Sa mission dans l’église évangélique de Slovaquie (une église luthérienne) a été interrompue en raison de sa déclaration publique contre le référendum sur la famille en 2015, qu’il a jugée, avec d’autres signataires, intolérante envers les homosexuels. Les évêques de l’Église évangélique slovaque ont jugé cette approche inappropriée et n’ont pas prolongé son contrat avec l’église. Jakub Pavlús a reçu un important soutien public et médiatique et une pétition a été signée par diverses personnalités dont des luthériens. Jakub Pavlús a ensuite été accepté pour une mission dans l’Église évangélique des frères tchèques en République tchèque.

D 20 octobre 2016    AMiroslav Tížik

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