eurel     Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

2016

  • Juin 2016 : Décisions d’asile prises sur la base d’un questionnaire biblique

Un rapport récent a révélé le traitement inéquitable des demandes d’asile faites pour des raisons religieuses en Grande-Bretagne. Le ministère de l’Intérieur, qui gère le système d’asile, tente de déterminer l’authenticité des conversions au christianisme en posant à ces demandeurs des questions concernant la Bible ou l’Église. Le groupe parlementaire multipartite pour la liberté religieuse internationale, à l’origine du rapport, soutient que les demandeurs d’asile qui se sont convertis au christianisme ne bénéficient pas d’une réelle opportunité de communiquer leur foi. On leur pose plutôt des questions factuelles sur la Bible et le calendrier chrétien, qui peuvent ou non refléter leurs croyances authentiques. Ce rapport a suscité un débat sur la question de savoir si et comment la foi religieuse peut être mesurée. D’une part, les questions pourraient être considérées comme « trop faciles », certains candidats pouvant simplement étudier pour le test sans avoir effectué de vraies conversions. D’autre part, les convertis qui risquent d’être persécutés pour leur identité religieuse peuvent se voir refusé l’asile, car ils n’ont pas mémorisé les dix commandements. Le rapport indique également que les travailleurs sociaux qui prennent les décisions d’asile n’ont pas été suffisamment formés pour gérer les conversions religieuses et la difficile tâche de déterminer leur authenticité.

Pour en savoir plus, voir BBC.

  • 15 mars 2016 : Une enquête indépendante sur des abus sexuels sur mineur appelle à un changement de pratique au sein de l’Église d’Angleterre

Une enquête indépendante sur la gestion par l’Église d’Angleterre d’une affaire d’abus sexuels sur mineur datant de 1976 révèle silence systématique, dissimulation et inaction.

Ce survivant anonyme, âgé de 16 ans lorsqu’il a été soigné et violé par un vicaire anglican, le révérend Garth Moore, a raconté à plusieurs membres de l’Église ce qui lui était arrivé pendant 40 ans, mais n’a reçu aucun soutien ni réponse significative à sa révélation. Il s’est ouvert à des personnalités de l’Église, qui ont ensuite affirmé ne pas se souvenir de ces conversations. Il a également écrit 18 lettres à l’archevêque de Canterbury. Lorsque le survivant a officiellement signalé les abus et déposé une demande d’indemnisation en 2014, l’église a coupé tout contact car les assureurs voulaient éviter toute responsabilité.

L’église a répondu au rapport de le commission d’enquête en promettant de changer ses pratiques. À l’avenir, les membres du clergé devront enregistrer toute divulgation d’abus. Ils sont également tenus de prendre des mesures et de prioriser le soin pastoral des survivants par rapport aux inquiétudes sur les conséquences réputationnelles ou financières.

Ce rapport s’inscrit dans le cadre d’un examen indépendant à grande échelle sur les maltraitances d’enfants dans les institutions et fait suite à plusieurs affaires d’abus sexuels sur mineurs mettant en scène des responsables politiques et des personnalités de l’Église d’Angleterre, dont George Bell et Peter Ball, anciens évêques de l’Église d’Angleterre.

Pour en savoir plus, voir The Guardian.

  • 26 janvier 2016 : Des projets d’arrêt des plaintes de militants laïques contre les écoles religieuses annoncés

La secrétaire à l’Éducation, Nicky Morgan, a annoncé des projets d’arrêt des plaintes contre les écoles religieuses de la part de groupes de campagne laïques.

En Angleterre, les écoles religieuses représentent environ un tiers des écoles financées par l’État, dont 99 % sont chrétiennes. Les écoles religieuses ont légalement le droit de donner la priorité aux enfants issus de milieux religieux particuliers, à condition d’avoir plus de candidatures que de places disponibles.

Le rapport de la British Humanist Association (BHA) « An Unholy Mess » publié en octobre 2015 a mis au jour une violation généralisée du règlement sur les admissions scolaires par des lycées sélectifs sur le plan religieux, et affirme que ces écoles refusent illégalement des places à un nombre important d’enfants.

Le gouvernement mènera une consultation publique sur les changements proposés. S’ils aboutissent, seules les plaintes des conseils municipaux et des parents vivant dans le secteur seront envisagées à l’avenir. Selon la secrétaire d’État à l’Éducation, l’objectif des nouvelles règles est de limiter la bureaucratie chronophage et de s’assurer que les parents et les communautés locales ont davantage d’influence sur le processus d’admission. Le directeur général de la BHA, Andrew Copson, a qualifié ces plans d’« affront à la démocratie et à l’État de droit ».

Voir aussi the Guardian.

  • 18 janvier 2016 : Le Premier ministre estime que les femmes musulmanes devraient apprendre l’anglais

Lors d’un entretient controversé à la radio, le Premier ministre David Cameron a promis un financement accru des cours d’anglais de 20 millions de livres pour lutter contre l’isolement et prévenir la radicalisation dans les communautés musulmanes. Selon lui, les femmes musulmanes qui ne connaissent pas l’anglais sont peut-être moins conscientes de ce qui influence leurs enfants. Il a également déclaré qu’elles peuvent se sentir confuses sur leur identité et être plus vulnérables à la persuasion de Daesh et d’autres extrémistes islamistes. Selon une nouvelle politique, les migrants munis d’un visa de conjoint de cinq ans peuvent être expulsés au bout de deux ans et demi s’ils échouent à un test d’anglais.

Si beaucoup saluent le financement de 20 millions de livres pour davantage de cours d’anglais en langue étrangère, l’opposition souligne qu’il ne compenserait pas la coupe de 45 millions de livres du budget consacré aux cours d’anglais seulement six mois plus tôt. De plus, beaucoup se demandent pourquoi les possibilités d’apprendre l’anglais devraient être spécifiquement destinées aux femmes musulmanes.

Le Premier ministre a été vivement critiqué pour avoir fait un lien tendu entre la capacité linguistique et l’extrémisme politique et religieux. Ses détracteurs estiment que stigmatiser un groupe de personnes déjà vulnérables est contre-productif pour prévenir la radicalisation.

Voir aussi BBC et the Independent.

D 6 juillet 2016    AIngrid Storm

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