eurel     Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

2016

  • Novembre 2016 : L’éducation religieuse à l’école

Les relations entre le gouvernement et l’Église de Grèce se sont détériorées au cours des derniers mois, principalement parce que le gouvernement prévoit de transformer le cours de religion dispensé dans l’enseignement primaire et secondaire, d’un cours à caractère confessionnel clair en un cours dans lequel les élèves se familiariseront avec les cadres culturels, les systèmes de valeurs et les doctrines de toutes les religions du monde. Ce plan gouvernemental a déclenché une forte réaction de l’Église de Grèce, menaçant le modus vivendi actuel. Il est intéressant de noter que l’archevêque Hieronymus a récemment commencé à se rapprocher des partisans de la ligne dure, s’éloignant de sa position modérée pour adopter un discours plus conservateur et rigoriste. Le remplacement tardif du ministre de l’Éducation et des cultes, Nikos Philis (4/11/2016), qui était accusé par l’archevêque Hieronymus de tendances anticléricales, marque pratiquement le blocage du processus de neutralisation de l’enseignement religieux. Le parti Syriza a retiré son programme pro-laïque devant la menace qui pèse sur l’unité sociale à un moment critique pour l’économie du pays. L’administration de l’État s’est également retirée, à la suite de la réaction ferme du parti des Grecs Indépendants, partenaire de coalition de Syriza.

  • Août 2016 : Changements pour les musulmans en Grèce

Le Parlement a émis un projet de loi (3/8/2016) concernant la modification du plan, ce qui permettrait l’érection de la mosquée d’Athènes (voir un article de Efsyn). Ce dossier est dans un état de flou depuis des décennies. Cette décision a été rendue possible après la décision du Conseil d’État (7/7/2016), affirmant que la construction ne causerait aucun dommage environnemental, et qu’elle est compatible avec l’urbanisme. Le projet de loi a été voté par tous les partis, à l’exception du parti de droite radicale des Grecs indépendants et du parti néo-nazi "Aube dorée". Suivant la même ligne de pensée, le gouvernement a approuvé trois mosquées existantes à Athènes et une dans la ville de Thèbes (3/7/2016), qui n’avaient pas encore reçu d’approbation légale. Il est également prévu de construire un cimetière séparé pour la communauté musulmane d’Athènes, dans une propriété donnée par l’Église de Grèce. Enfin, un département d’études islamiques a été officiellement créé à l’école de théologie de l’université Aristote de Thessalonique. Il est en activité depuis septembre 2016.

  • 25 juillet 2016 : Les propositions du gouvernement sur la future réforme constitutionnelle.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a proposé d’inscrire dans la Constitution l’idée de neutralité religieuse de l’État, tout en maintenant, pour des raisons historiques et pratiques, la reconnaissance de l’orthodoxie comme religion d’État. En outre, il a soutenu le serment politique obligatoire pour les élus du gouvernement, les juges et tous les fonctionnaires. Compte tenu de la position traditionnelle de la gauche grecque sur la séparation entre l’Église et l’État, on peut considérer qu’il s’agit d’un changement conservateur, dicté par l’équilibre du pouvoir au sein du gouvernement de coalition ainsi que par la nécessité d’éviter la division sociale en période de crise financière. À l’exception du parti communiste et du parti Potami, tous les groupes parlementaires ont préféré ne pas prendre de position claire. Ainsi, la possibilité de parvenir à un consensus reste une question ouverte pour les années à venir. Il va sans dire que l’opinion de l’Église sera déterminante pour l’issue de l’affaire.

D 12 décembre 2016    AKonstantinos Papastathis

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