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2020

Rejet de l’initiative « anti burqa » par le Parlement suisse

Le Conseil national vient de se prononcer sur une initiative populaire (la Suisse étant une démocratie directe) de 2017 visant l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public lancée au (...)

Le Conseil national vient de se prononcer sur une initiative populaire (la Suisse étant une démocratie directe) de 2017 visant l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public lancée au niveau fédéral par le Comité Egerkingen. Ce groupe avait également été à l’origine de l’initiative contre la construction de minarets, acceptée par le peuple suisse en 2009. En septembre 2019, le Conseil des États a rejeté l’initiative désormais connue sous le nom d’anti-burqa. En juin 2020, le Conseil national, le second organe parlementaire, s’est également dit défavorable à cette initiative. À présent, ce sera au tour du peuple de se prononcer sur cette question.

Le débat se structure majoritairement autour du port de la burqa ou du niqab, car la proposition de loi prévoit d’inscrire dans la Constitution que « nul ne peut contraindre une personne de se dissimuler le visage en raison de son sexe ». Cependant, l’initiative vise également d’autres formes de dissimulation, comme les cagoules des hooligans. En revanche, des exceptions sont accordées pour des situations liées à la sécurité, aux raisons climatiques, à des coutumes locales ou encore à la santé. Ce dernier point permettra de ne pas risquer l’interdiction du port des masques sanitaires, devenus un enjeu important durant la crise liée au coronavirus.

L’opposition à cette initiative, majoritairement constituée de partis de gauche ou d’ONG comme HumanRights, dénonce sa portée islamophobe ainsi que l’atteinte à la liberté individuelle. La gauche avance également que les femmes portant un voile intégral en Suisse ne représentent qu’une infime minorité des musulmanes en Suisse. En effet, il n’existe pas de statistiques sur le port de la burqa ou du niqab dans le pays ; cependant, si la France comptait en 2009 selon le ministère de l’Intérieur environ 1630 femmes portant ce type de tenue, on estime qu’en Suisse le chiffre se situe entre 95 et 130. Enfin, cette initiative peut être perçue comme un instrument de la droite visant à stigmatiser les femmes musulmanes en Suisse.

Rappelons que deux initiatives du même ordre ont été acceptées au niveau cantonal, au Tessin en 2013 et dans le canton de Saint Gall en 2018. Ces lois cantonales prévoient une amende de 100 CHF minimum en cas d’infraction.

Voir Le Temps.

D 6 juillet 2020    ANatalie Aberer

Augmentation des « sans religion » et autres évolutions en Suisse

Selon le relevé structurel mené en 2018 et dont les résultats ont été publiés en 2020 par l’Office fédéral de la statistique, la part des personnes « sans religion » en Suisse a fortement augmenté entre (...)

Selon le relevé structurel mené en 2018 et dont les résultats ont été publiés en 2020 par l’Office fédéral de la statistique, la part des personnes « sans religion » en Suisse a fortement augmenté entre 2010 et 2018, atteignant ainsi 25 % de la population. Dans les années 1970, les catholiques et les protestant-e-s représentaient encore la quasi-totalité de la population. La diminution des personnes s’identifiant à ces deux religions est telle qu’en 2018 les catholiques ne représentent plus que 36,5 % de la population et les protestant-e-s 24,4 %. Le nombre de personnes musulmanes, en revanche, a progressé de 0,8 % et s’élève ainsi à 5,2 % de la population. Les bouddhistes (0,5 %) et hindouistes (0,6 %) sont plus nombreux que la communauté juive qui représente seulement 0,3 %.

En ce qui concerne les pratiques, moins de 20 % des « sans religion » ont assisté à un événement religieux institutionnel au cours de la dernière année. Le groupe religieux affichant le moins de pratiques est constitué des musulman-e-s, dont la part de personnes n’ayant pas participé à un événement et n’ayant pas prié s’élève à 46 % et 40 % respectivement. Les musulman-e-s sont suivi-e-s par les protestant-e-s réformé-e-s puis par les catholiques romains. En revanche, les membres des communautés évangéliques sont 72 % à avoir participé à une célébration religieuse au moins une fois par semaine. Finalement, de manière générale, les femmes prient plus que les hommes et sont plus susceptibles d’adhérer à une religion.

Sources principales : site de l’OFS et Le Matin.

D 6 juillet 2020    ANatalie Aberer

Le coronavirus et la vie religieuse en Suisse

En Suisse, la pandémie liée au Covid-19 a entraîné divers changements dans la vie religieuse et spirituelle. Durant deux mois, les lieux de culte ont dû fermer leurs portes, favorisant des (...)

En Suisse, la pandémie liée au Covid-19 a entraîné divers changements dans la vie religieuse et spirituelle. Durant deux mois, les lieux de culte ont dû fermer leurs portes, favorisant des réaménagements de pratiques et l’émergence de nouvelles interprétations.

Dans l’église catholique, par exemple, il est habituellement extrêmement rare que les femmes prennent la parole durant les offices religieux. Cependant, en raison de l’impossibilité de se rendre à des célébrations et de l’absence de prêtre, certaines cérémonies comme l’eucharistie ont été l’occasion d’innovation et ont permis aux femmes de prendre la parole.

En effet, les cérémonies religieuses, toutes confessions confondues, ont pour la majorité été annulées pendant plusieurs mois avant de pouvoir reprendre sous certaines conditions le 28 mai. En revanche, les funérailles étaient autorisées mais uniquement dans l’intimité des familles. Ces restrictions ont débouché sur des ajustements et des solutions créatives pour accompagner les familles endeuillées.

La crise sanitaire donne aussi lieu à diverses interprétations du monde, de l’individu et du virus. Le Centre intercantonal d’information sur les croyances affirme que les courants comme les télévangélistes ou encore les témoins de Jéhovah s’appuient sur une interprétation apocalyptique et associent le virus à une punition divine qui confirmerait ainsi les écrits bibliques. Par ailleurs, des milieux spirituels New-Age et néo-chamanique interprètent le virus de manière différente, où l’humanité serait perçue comme « un énorme coronavirus pour la planète ».

D 7 juillet 2020    ANatalie Aberer

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