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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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2019

Réviser la Loi de 1905

Janvier 2019 : Réviser la Loi de 1905
On n’en finit décidément pas de discuter la laïcité en France : c’est notamment un des thèmes du grand débat national, lancé le 15 janvier en France, dans lequel les (...)

  • Janvier 2019 : Réviser la Loi de 1905

On n’en finit décidément pas de discuter la laïcité en France : c’est notamment un des thèmes du grand débat national, lancé le 15 janvier en France, dans lequel les citoyens sont invités à s’exprimer. Deux questions de ce débat concernent en effet la laïcité, l’une demandant aux Français si son application est satisfaisante ou à modifier, l’autre s’ils ont des propositions à faire pour en renforcer les principes dans le rapport de l’Etat aux religions. Même si les ¾ des Français semblent attachés à la laïcité telle qu’elle est définie par le droit, ils ne sont que 46 % à penser qu’il ne faut pas la modifier (sondage Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, novembre 2018).
L’inclusion de questions sur la laïcité dans le grand débat national va dans le sens d’un travail mené depuis plusieurs mois par le gouvernement, qui envisage de modifier la loi de 1905 (qui définit les principes de la séparation de l’Etat et des religions en France). A cet effet, une consultation du ministre de l’Intérieur avec les responsables religieux est en cours depuis plusieurs mois. L’objectif principal, en réalité, est d’inciter le plus grand nombre de groupes religieux, et notamment les associations musulmanes, à faire partie du dispositif de la loi de 1905. Beaucoup d’associations religieuses préfèrent en effet s’organiser sous le statut général des associations (dit de la loi de 1901) : celui-ci permet pas de bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les associations cultuelles, notamment l’exonération sur les dons et legs, mais il est beaucoup plus souple administrativement. De plus, le statut des associations selon la loi de 1905, dites associations cultuelles, ne leur permet pas de percevoir des revenus tirés de la location immobilière.
L’un des buts d’un remaniement de la loi de 1905 (qui a d’ailleurs été modifiée plus d’une cinquantaine de fois déjà), est sans doute de rendre ce statut d’association cultuelle plus attractif, dans la perspective de mieux contrôler les flux financiers des groupes religieux. Cela suscite cependant quelques réserves de la part des dirigeants religieux, qui redoutent une complexification de la structure administrative.
Le projet de loi devrait être communiqué au cours du mois de février ; mais il ne sera présenté en Conseil des ministres qu’après les conclusions du grand débat national (voir Libération).

11 mars 2019

L’antisémitisme en France

Février 2019 : L’antisémitisme en France
La France connaît depuis plusieurs mois un important mouvement de contestation sociale (mouvement dit des « gilets jaunes »). Il apparaît de plus en plus que (...)

  • Février 2019 : L’antisémitisme en France

La France connaît depuis plusieurs mois un important mouvement de contestation sociale (mouvement dit des « gilets jaunes »). Il apparaît de plus en plus que ce mouvement est l’occasion pour certains de formuler des messages de haine contre les juifs.
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a indiqué lundi 11 février qu’en 2018, le nombre des actes antisémites avait augmenté de 74 %, passant de 311 à 541 (Le Monde). Bien que la réalité de ces actes soit difficile à mesurer précisément (Le Monde), il reste clair que la proportion d’actes violents devient plus importante que celle des insultes et menaces, et que les préjugés antisémites sont malheureusement répandus (voir l’enquête IFOP de 2016).
Le gouvernement avait pourtant affirmé son intention de mieux s’impliquer dans le combat contre le racisme et l’antisémitisme, notamment sur internet. Les responsables des cultes et des organisations laïques ont appelé à une marche contre l’antisémitisme le mardi 19 février (Francetv info).

Référence : Avia Laetitia, Amellal Karim, Taieb Gil, Rapport au Premier ministre sur le renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet, 21 Septembre 2018.

11 mars 2019

L’Eglise catholique en difficulté du fait d’affaires de violence et d’abus sexuels

Mars 2019 : L’Eglise catholique en difficulté du fait d’affaires de violence et d’abus sexuels
L’Eglise catholique romaine est confrontée depuis plusieurs décennies, dans de nombreux pays, à une (...)

  • Mars 2019 : L’Eglise catholique en difficulté du fait d’affaires de violence et d’abus sexuels

L’Eglise catholique romaine est confrontée depuis plusieurs décennies, dans de nombreux pays, à une situation difficile, celle des révélations sur les viols, abus, violences sexuelles et actes de pédophilie commis dans l’Eglise. De nombreuses révélations ont récemment donné encore plus d’ampleur à ces questions, et l’Eglise catholique romaine a d’ailleurs consacré un sommet à ces questions au Vatican le 24 février 2019.
En France, le sujet est présent dans les débats sociaux depuis plusieurs années déjà. La Conférence des évêques de France a réalisé en 2017 et actualisé en 2018 un rapport sur la lutte contre la pédophilie dans l’Église.
Ces dernières semaines, le débat a pris une nouvelle ampleur, avec plusieurs nouvelles révélations : une institution d’éducation gérée par une communauté catholique traditionaliste (village d’enfants de Riaumont, à Liévin, Pas-de-Calais), est soupçonnée de maltraitances sur des enfants (voir l’article dans Libération). L’ouvrage Sodoma de Frédéric Martel, consacré à l’homosexualité dans le clergé catholique, et plus récemment, un documentaire intitulé Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise (Eric Quitin et Marie-Pierre Raimbaud), ont ajouté de nouvelles questions. Enfin, tout récemment, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions d’un prêtre sur des enfants (Le Monde). Le cardinal a annoncé qu’il allait remettre sa démission au Pape (Le Figaro).
Une commission a été chargée en novembre dernier par la Conférence des évêques de France d’enquêter sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique française depuis les années 1950. La Commission comprend 22 membres, 10 femmes et 12 hommes comprend des croyants de différentes confessions ou des non-croyants, athées ou agnostique, mais ni prêtre ni religieux, ni aucune personnalité impliquée (France Inter, Le Figaro, La Vie).

11 mars 2019