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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Opinions et croyances religieuses

Evolution religieuse

Les Italiens continuent à se définir en majorité comme des "catholiques pratiquants", mais nombre d’entre eux seraient prêts à modifier l’ordre ou même le contenu des dix commandements, selon des (...)

Les Italiens continuent à se définir en majorité comme des "catholiques pratiquants", mais nombre d’entre eux seraient prêts à modifier l’ordre ou même le contenu des dix commandements, selon des enquêtes publiées récemment.
Une enquête réalisée par le centre d’études sociales Censis pour le compte de l’épiscopat italien, indique que 57,8% des Italiens se disent "catholiques pratiquants", confirmant ainsi l’enracinement de la religion catholique dans le pays.
A ces 57,8% s’ajoutent 28,7% de catholiques non-pratiquants. Seuls 9,2% des Italiens se déclarent agnostiques ou athées, et 4,3% disent appartenir à une autre religion.
Seuls 21,4% des catholiques pratiquants disent toutefois aller à la messe tous les dimanches, selon l’enquête du Censis.
Une autre étude réalisée par l’hebdomadaire l’Espresso montre que la morale d’aujourd’hui a modifié l’ordre des 10 commandements.
Selon cette enquête conduite auprès de croyants et de non-croyants, une majorité d’Italiens serait en faveur du déplacement de la cinquième place à la première place du commandement "tu ne tueras point", qui devrait selon eux être suivi du commandement contre le vol. Les Italiens rétrograderaient en revanche à la septième place le premier commandement : "tu n’auras pas d’autres dieux que moi".
L’enquête de l’Espresso montre aussi que les Italiens aujourd’hui seraient pour un nouveau décalogue, dont le premier commandement serait de "ne faire aucune violence à l’enfance". Parmi les nouveaux commandements souhaités, figurent selon le journal, "toujours défendre la paix", "défendre la nature et les animaux", "ne pas faire de différence entre hommes et femmes", "ne pas être raciste" ou "ne pas utiliser la science pour modifier l’homme".

Source : dépêche AFP du 18 nov. 2004.

27 septembre 2012

Croyances religieuses

Partout en Europe, le déclin des croyances religieuses est moins important que celui des pratiques religieuses et du détachement de l’enseignement moral de l’Église catholique, cela parce que (...)

Partout en Europe, le déclin des croyances religieuses est moins important que celui des pratiques religieuses et du détachement de l’enseignement moral de l’Église catholique, cela parce que l’adhésion aux croyances engagerait moins que le rapport aux pratiques. Les croyances semblent survivre presque par inertie culturelle, en tant que partie de la tradition et intériorisées lors de la socialisation primaire, tandis que la pratique et l’éthique demandent plus d’implication et de motivation. Ces tendances émergent seulement en partie dans le cas italien.
La recherche nationale de 2007 indique que la partie de la population qui pense que Dieu n’existe pas (12,8%) ou qui déclare croire seulement à un pouvoir supérieur de nature indéfinie (4,5%) est réduite. La plupart des Italiens acceptent l’idée de Dieu qui domine dans la culture italienne, celle d’un être supérieur qui s’intéresse à chaque être humain. Toutefois, pour une partie de la population, cette croyance n’a pas le caractère de certitude qu’elle avait dans le passé. Ainsi, 12% des Italiens croient en Dieu de façon intermittente selon les moments de la vie, tandis que 25% manifestent une foi marquée par l’incertitude. Par contre, 46% croient en Dieu sans aucun doute.
Dans l’ensemble, plus de 80% des Italiens semblent se retrouver dans l’idée du Dieu du christianisme, même si pour une partie importante d’entre eux cette croyance est marquée par le doute. L’incertitude des références religieuses est un trait culturel émergent, comme on peut le constater en comparant les données sur environ15 ans (tableau 1). Il est intéressant d’observer que ceux qui croient en Dieu (82,6%) sont un peu moins nombreux que ceux qui se disent catholiques (86,1%).

Tableau 1 – Foi dans l’existence de Dieu

ISSP 1991 Enquête 2007
Non croyant 9,4 12,8
foi intermittente 10 11,7
foi mêlée de doute 20,6 25,1
foi dénuée de doute 51,4 45,9
Total 100 (983) 100 (3160)

Source : Indagine sulla nuova religiosità in Italia, Apsor (Associazione piemontese di sociologia delle religioni), Torino, 2007 (échantillon de 3160 individus)

Si on analyse le niveau de persistance d’autres croyances religieuse pendant les 30 dernières années, on découvre que la croyance au sujet de l’enfer et du péché reste stable (partagées respectivement par 50% et par 65% de la population), tandis que la croyance au paradis semble moins continue. En tout cas, les Italiens croient plus au paradis qu’à l’enfer, peut-être parce que l’on tend à préférer l’idée de récompense à celle des peines dans l’autre vie. L’aspect le plus important qui ressort de la comparaison entre la croyance au paradis et à l’enfer d’une part, et celle qui concerne la vie après la mort de l’autre, du moins dans les enquêtes les plus récentes (1994 et 2007), c’est que les Italiens qui croient au paradis ou à l’enfer sont beaucoup plus nombreux que ceux qui croient à une vie après la mort. Ces contradictions qui attestent que pour beaucoup d’Italiens, la question des fins dernières est devenue nébuleuse et confuse.

Tableau 2 – Adhésion des non catholiques à d’autres croyances

EVS 1981 ISSP 1991 Enquête 1994* Enquête 2007**
Vie après la mort 57 66,4 45,2 39,8
Enfer 33 4 8,5 52,3 49,7
Ciel 44 58 74,3 63,5
Péché 66 65,7 64,8

* Vincenzo Cesareo, Roberto Cipriani, Franco Garelli, Clemente Lanzetti, Giancarlo Rovati, La religiosità in Italia, Mondadori, Milano, 1995 (échantillon de 4 500 individus)
** Source : Indagine sulla nuova religiosità in Italia, Apsor (Associazione piemontese di sociologia delle religioni), 2007 (échantillon de 3 160 individus)

Source : Franco Garelli, Enzo Pace, Annalisa Frisina, “Portrait du Catholicisme en Italie”, in Alfonso Perez-Agote, Portraits du catholicisme, une comparaison européenne (Presses Universitaires Rennes, 2012). Recherche réalisée dans le cadre du travail du GERICR - Groupe Européen de Recherche Interdisciplinaire sur le Changement Religieux.

27 août 2015