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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Archives des débats

2016

12 décembre 2016

2015

Septembre 2015 :
le système bancaire grec est placé sous le statut de "contrôle des capitaux" depuis le 18 juillet. En pratique, cela signifie que le détenteur d’un compte a un accès limité à ses (...)

  • Septembre 2015  :

le système bancaire grec est placé sous le statut de "contrôle des capitaux" depuis le 18 juillet. En pratique, cela signifie que le détenteur d’un compte a un accès limité à ses dépôts et est soumis à une limite de retrait d’espèces, par exemple 420 euros par semaine. Cependant, depuis le 29/09/2015, l’Eglise orthodoxe a été dispensée de cette règle générale (en Grec). Chaque évêché peut effectuer un retrait de 10 000 euros et l’archevêque d’Athènes peut retirer jusqu’à 20 000 euros.
Cette exemption a été présentée comme une mesure destinée à faciliter l’importante aide humanitaire fournie par l’Eglise, les soupes populaires par exemple. D’autre part, comme les virements bancaires en ligne ne sont pas soumis au contrôle des capitaux, les transactions concernées de l’Eglise sont alors effectuées sans restriction. Le raisonnement justifiant cette exception ressemble plus à une excuse pour un traitement privilégié qu’à une décision nécessaire et fondée à l’égard du bénéfice social général.

  • Juin 2015 :

le Gouvernement publie un projet de loi (en Grec) qui introduit un système d’union civil pour les couples de même sexe, quasiment deux ans après la décision de la Cour européenne des droits de l’homme condamnant la Grèce pour traitement discriminatoire. L’Eglise orthodoxe de Grèce a réagi officiellement après la publication du projet loi mais de façon peu dynamique. Le projet de loi ne fait aucune référence au droit à l’adoption des couples de même sexe, ce qui pourrait expliquer cette réaction sans grand dynamisme.

  • Juin 2015 :

l’Eglise orthodoxe de Grèce, contrairement à la position du Gouvernement de coalition, a adopté une position claire en faveur du OUI dans le référendum relatif au sauvetage financier de la Grèce.

  • Mai-Juin 2015 :

quelques 600 000 visiteurs ont vénéré les reliques de sainte Barbara durant leur exposition (du 10 mai au 1er juin 2015). Une cérémonie officielle d’Etat (accueil officiel d’un chef d’Etat étranger) a été organisée pour l’accueil des reliques à l’aéroport d’Athènes, ce qui a provoqué la réaction de certains membres du Cabinet qualifiant cette exposition de "commerce de reliques". Cette déclaration a été perçue par le porte-parole de l’archevêque comme un signe d’anticléricalisme visant à violer le droit à la liberté religieuse.

  • Avril 2015 :

le ministère de la Reconstruction de la production, de l’Environnement et de l’Energie a publié une modification de la législation supprimant les obstacles (c’est à dire une modification de la forme) qui bloquent la construction de la mosquée financée par l’Etat à Athènes. Il convient de noter que l’Eglise orthodoxe de Grèce a fait part de son scepticisme à l’égard de cette construction à maintes reprises.

  • Janvier 2015 :

le processus d’exemption de l’enseignement religieux pour les élèves a fait la une une fois de plus. Particulièrement, l’encyclique 12773/Δ2-23/01/2015 (en Grec), publiée en janvier 2015 par le précédent Gouvernement de centre-droite, prévoit que les élèves chrétiens non orthodoxes de l’enseignement primaire et secondaire soient dispensés de cours de religion sous réserve que les parents signent le formulaire de consentement correspondant. L’encyclique stipule également que les directeurs d’écoles auront la responsabilité de vérifier la validité des preuves fournies pour justifier la demande d’exemption. Différentes voix se sont élevées contre la mise en œuvre de l’encyclique au motif qu’elle rend la procédure d’exemption plus difficile en définissant des critères plus stricts et des obstacles techniques. Il a même été suggéré que son application pratique pourrait conduire à la violation des valeurs de la liberté religieuse car il est plus ou moins demandé aux parents de prouver au directeur de l’école qu’ils ne sont pas chrétiens orthodoxes afin d’obtenir l’exemption pour leur enfant, ce qui a un double effet. Premièrement, une tierce personne, le directeur de l’école, acquiert le pouvoir d’intervenir sur une question totalement personnelle. Deuxièmement, le droit des parents de ne pas révéler leur appartenance ou non-appartenance à une religion est violé.
Dans ce contexte, la nouvelle ministre adjointe de l’Education et des Cultes, Mme Sia Anagnostopoulou, a déclaré que la procédure actuelle devrait être abolie en vertu de la liberté de religion. En conséquence, l’unique critère pour l’exemption devrait être une déclaration parentale sans indication sur les raisons de leur décision. Cette déclaration a, cependant, déclenché la réaction de l’archevêque Hieronymus de l’Eglise orthodoxe de Grèce qui a parlé de la ministre adjointe avec dédain. Il a notamment souligné que la déclaration d’Anagnostopoulou ne reflète pas la politique du Gouvernement, mais celle "d’une femme qui a certaines idées en tête". Pour lui, la Constitution, qui stipule que l’enseignement primaire et secondaire doit avoir un caractère "chrétien", ne peut être contestée sur ce point. Il estime également que "les Grecs doivent devenir sérieux et ne pas prêter attention à ces absurdités".
La réunion subséquente entre le ministre de l’Education et des Cultes, M. Nicos Philis, et l’archevêque a clairement montré que le Gouvernement ne veut pas réellement modifier le cadre légal actuel. Il semble que le Gouvernement de coalition, en dépit du discours pro-laïque du parti Syriza, est réticent à mettre cette question, ou toute autre question controversée liée à la religion, à l’ordre du jour.

30 septembre 2015

2014

Deux évolutions juridiques importantes concernant les questions liées directement à des affaires religieuses en Grèce ont eu lieu d’avril 2014 à novembre 2014
Loi 4301 relative à « l’organisation de (...)

  • Deux évolutions juridiques importantes concernant les questions liées directement à des affaires religieuses en Grèce ont eu lieu d’avril 2014 à novembre 2014

- Loi 4301 relative à « l’organisation de la forme juridique des communautés religieuses et de leurs fusions en Grèce ». La loi établit une nouvelle forme juridique en droit privé, à savoir la « personnalité religieuse », pour les communautés religieuses qui ne bénéficient pas du statut de personnalité juridique en droit public (c’est à dire l’Eglise orthodoxe, les communautés juive et musulmane). La loi prévoit également la liberté absolue en matière d’administration interne pour les communautés sous le statut de « personnalité religieuse », de même que la procédure pour en faire la demande auprès des autorités judiciaires. Elle définit le cadre réglementaire de leur administration financière et de la gestion des bâtiments et des institutions religieuses. Dernier point, mais non des moindres, la loi reconnaît les Eglises catholique romaine, copte, éthiopienne, arménienne, anglicane parmi d’autres Eglises en tant que « personnalité religieuse sous le régime du droit privé » et met ainsi un terme à un problème persistant de la législation grecque (pour plus d’informations voir, en grec).

- La loi 4283 offre des privilèges importants en matière fiscale, financière et administrative la communauté monastique du mont Athos (plus d’information ici, en grec).

28 novembre 2014

2013

Les biens de l’Église orthodoxe grecque
Au cours des dernières décennies, la question de l’administration des très nombreux biens immobiliers de l’Église orthodoxe grecque a revêtu une importance (...)

  • Les biens de l’Église orthodoxe grecque

Au cours des dernières décennies, la question de l’administration des très nombreux biens immobiliers de l’Église orthodoxe grecque a revêtu une importance primordiale. Jusqu’à présent, l’Église, en raison de son statut de personne morale de droit public, n’avait pas le contrôle absolu sur une partie de ses propriétés et ne pouvait en faire usage ou les développer. Cette état de fait a été modifié à la suite de l’institutionnalisation et de l’adoption de deux textes juridiques :
a) Loi 4146/2013 : « Créer un environnement propice à la croissance pour les investissements stratégiques et privés » (18 avril 2013).
b) Loi 4182/2013 (10 septembre 2013). Amendement : Création de la société pour la gestion et le développement des biens de l’Église.
A) Conformément à la nouvelle loi sur l’investissement, les biens immobiliers de l’Église de Grèce et de ses institutions et annexes sous le statut de personne morale de droit public sont considérés comme des biens « privés » et non pas comme des biens publics ou appartenant à l’État. En tant que tels, l’Église dispose alors du droit de les gérer et de les développer selon sa volonté propre, de les vendre, de les louer sans entrave de l’État.

Documents pertinents :
1) La loi (en grec)
2) Rapport complémentaire (en grec)

B) Le but de la société pour la gestion et le développement des biens de l’Église est d’administrer, de gérer et de développer les biens immobiliers de l’Église de Grèce et de ses institutions. Le capital social de la société est réparti à parts égales entre l’Église et l’État. Le capital social de chaque partenaire ne peut être transféré. Le conseil d’administration est nommé par le Gouvernement (deux membres) et par l’archevêque de l’Église de Grèce (trois membres).

Documents pertinents :
1) La loi (en grec)
2) Le rapport (en grec)

26 septembre 2013

2007

Construction d’une mosquée à Athènes
Alors que 300 mosquées sont implantées en Thrace occidentale, la capitale grecque n’a pas de mosquée officielle, malgré le grand nombre de musulmans vivant à (...)

  • Construction d’une mosquée à Athènes

Alors que 300 mosquées sont implantées en Thrace occidentale, la capitale grecque n’a pas de mosquée officielle, malgré le grand nombre de musulmans vivant à Athènes. La construction de mosquées a été autorisée légalement dans les années 1930, avec une autorisation du métropolite local et du Ministère de l’éducation et des affaires religieuses. Jusqu’à présent les tentatives d’édification d’une mosquée à Athènes n’ont pas abouti.
Dans la perspective des Jeux olympiques d’Athènes de 2004, le gouvernement socialiste autorisa la construction d’un centre culturel islamique et d’une mosquée à Penia (près de l’aéroport d’Athènes). Financée par l’Arabie saoudite, la mosquée serait cependant supervisée par les autorités grecques. L’Église de Grèce approuva le projet de construction d’une mosquée-lieu de culte, mais s’opposa à la création d’un centre culturel. La construction fut également reportée car le maire conservateur de Penia, soutenu par l’évêque local, argumenta que les plans de construction n’avaient pas reçus les permis de construction nécessaires. Les autorités locales avancèrent également des arguments culturels et arguèrent qu’un minaret nuirait à l’esthétique de la ville, et donnerait, à proximité de l’aéroport, une mauvaise impression aux visiteurs arrivant à Athènes. Les habitants érigèrent une croix de 3 mètres de haut à l’endroit proposé pour la construction. Des propositions pour ériger une mosquée dans un autre lieu de la capitale sont encore en suspens. La population musulmane d’Athènes doit toujours pratiquer le culte dans des lieux non officiels et non autorisés faisant office de mosquées.
Selon de nouveaux projets gouvernementaux, Athènes pourrait avoir une mosquée financée et prise en charge par le gouvernement grec en 2010, probablement dans le quartier non-résidentiel d’Eleonas près d’Omonia, au centre Athènes. La proposition a été soumise par la Ministre de l’éducation et des affaires religieuses au parlement grec fin octobre 2006. La construction de la mosquée est en principe acceptée, mais certains points ont été contestés par plusieurs partis politiques, notamment l’exigence du gouvernement grec de nommer l’imam de cette mosquée. Cela pourrait poser des problèmes compte tenu de la diversité religieuse et ethnique des musulmans d’Athènes (shiites, sunnites, pakistanais, iraniens, africains, etc...). Un autre point de contestation porte sur le lieu d’édification de la mosquée pour lequel il n’y a pas de consensus, ainsi que sur la constitution d’un comité de 7 membres pour l’administration de la mosquée, lequel inclurait seulement 2 membres de la communauté musulmane. La question est actuellement ouverte et en cours de développement.

  • Création d’établissements scolaires ecclésiastiques

L’Eglise de Grèce a récemment annoncé son intention d’ouvrir des établissements scolaires primaires et secondaires à Athènes et Thessaloniki pour l’année scolaire 2008-2009. Cela survient après plusieurs déclarations de l’Archevêque Christodoulos concernant l’insuffisante performance académique des établissements scolaires publics grecs, ainsi que son inquiétude sur la déchristianisation de la société grecque. D’ailleurs l’Eglise avait déjà exprimé sa désapprobation concernant l’instruction religieuse (et l’enseignement de l’histoire) dans les établissements publics grecs. En février 2007, l’Eglise de Grèce a exprimé sa colère au sujet de certains nouveaux manuels scolaires d’histoire dans lesquels le rôle de l’Eglise de Grèce pendant la révolution grecque contre la domination ottomane (1821-29) est relativisé.
Les écoles proposées par l’Eglise de Grèce seront des établissements privés partiellement financés par l’Eglise et administrés par des associations/fondations spéciales. Selon la loi grecque, l’Eglise n’a pas le droit officiellement de créer des établissements scolaires.

  • Rencontre au Vatican du Pape Benoit XVI avec le chef de l’Eglise de Grèce, l’Archevêque Christodoulos

Le voyage de l’Archevêque Christodoulos au Vatican en décembre 2006 pour rencontrer le Pape Benoit XVI fut un évènement historique, la première visite officielle d’un chef de l’Eglise de Grèce au Vatican. Elle indique une volonté de rapprochement avec le Vatican, après plusieurs tentatives de dialogue entre le Patriarcat Œcuménique et le Vatican (voir aussi la visite du Pape en Turquie et au Patriarcat Œcuménique en 2007). A cette occasion, l’Archevêque et le Pape ont exprimé leurs inquiétudes concernant la perte de l’identité chrétienne de l’Europe, la nécessite de préserver les racines chrétiennes du continent européen et leur scepticisme sur l’adhésion de la Turquie à l’UE.
Historiquement les relations entre l’orthodoxie, l’Eglise de Grèce et le Vatican sont tendues depuis le pillage de Constantinople en 1204 par les Croisades. Suite à une visite du Pape Jean-Paul II en 2001 à Athènes, pendant laquelle il a exprimé son regret pour ces évènements historiques, les relations entre le Vatican et l’Eglise de Grèce se sont un peu améliorées. Pourtant un certain scepticisme envers l’Eglise Catholique et le Vatican demeure fort parmi certains milieux ecclésiastiques orthodoxes et parmi la population grecque.

  • Création du premier crématorium en Grèce

Le gouvernement grec a annoncé en février 2007 la construction d’un crématorium en 2009, probablement dans les locaux du Premier Cimetière d’Athènes, au centre de la capitale. Le lieu d’implantation du premier crématorium à Athènes reste cependant un point de contestation, puisque il devrait être construit dans des quartiers non-résidentiels de la ville pour des raisons liées à l’environnement.
L’Eglise de Grèce est historiquement opposée à la crémation et l’Archevêque Christodoulos a bien confirmé que la foi orthodoxe autorise seulement l’inhumation/enterrement des morts. Il n’est pas rare pour des membres du clergé orthodoxe de refuser de célébrer les obsèques religieuses des personnes ayant choisi la crémation.
Pourtant compte tenu de l’actualité de la question en Grèce (en raison de la diversification démographique par des populations étrangères vivant en Grèce et du manque de places dans les espaces des cimetières) et de la pratique de crémation dans des pays voisins, l’Eglise de Grèce devrait revoir la question au printemps 2007 selon certains membres du clergé.

12 décembre 2007

2006

Eté 2006 : Interdiction des confessionnaux dans les écoles grecques
Le processus de désengagement de l’Église de Grèce du système d’éducation public grec, et de la reconnaissance de l’aspect (...)

  • Eté 2006 : Interdiction des confessionnaux dans les écoles grecques

Le processus de désengagement de l’Église de Grèce du système d’éducation public grec, et de la reconnaissance de l’aspect multiculturel de la société grecque, vit une première étape : il est pour la première fois interdit à l’Église orthodoxe d’entendre des étudiants en confession à l’intérieur de l’école, à compter de l’année scolaire 2006-07.
La décision du Ministère grec de l’Education a des motifs éducatifs : le besoin de renforcer la notion que les activités religieuses doivent être pratiquées hors de l’espace scolaire, afin que celui-ci demeure un lieu d’apprentissage, loin des dogmatismes et des pressions idéologiques indirectes ou potentiellement discriminatoires pour les étudiants. Selon des représentants du Ministère, il y a aussi des motifs religieux derrière le nouveau règlement : le besoin de limiter la confidentialité de la confession à l’espace de l’église, celle-ci étant un lieu plus approprié à une activité d’ordre privé entre un prêtre et un enfant. Le problème date d’il y a quelques années, quand des parents et des enseignants ont protesté contre la présence de prêtres dans certaines écoles pour la confession des élèves ; ils ont aussi contesté la légalité de la circulaire autorisant la présence régulière de prêtres pour des confessions au sein des établissements scolaires.
Cette nouvelle mesure fait suite à l’intervention du Médiateur des Citoyens et aux plaintes de groupes de parents et de l’OLME (la fédération d’enseignants de l’école secondaire).
L’Archevêque et le clergé supérieur de l’Eglise orthodoxe de Grèce se sont opposés au nouveau règlement, selon eux préjudiciable aux enfants qui jusqu’à présent avaient la possibilité de confier à un prêtre leurs problèmes personnels.

  • 1er mars 2006 : La crémation légalisée en Grèce

Le 1er mars 2006, le parlement grec a voté la légalisation de la crémation en Grèce. La loi a été proposée par dix députés provenant des partis conservateur, socialiste et de gauche. Les demandes d’incinération sont de plus en plus nombreuses en Grèce, les cimetières se trouvant très souvent surpeuplés. La loi est le résultat d’une série de pressions, provenant pour l’essentiel de groupes pour la défense des droits de l’homme, qui affirment que la crémation est un élément fondamental du droit à la liberté religieuse. Ceci est particulièrement important, compte-tenu du nombre croissant d’étrangers d’origine non-chrétienne vivant actuellement en Grèce.
La crémation est donc devenue une option légale, essentiellement pour ceux dont l’appartenance religieuse permet la crémation (étrangers ou Grecs) ; dans ce cas, la crémation est autorisée sous réserve d’une demande écrite de la personne décédée ou d’un membre de sa famille. Pour les personnes dont la religion n’autorise pas la crémation (notamment les orthodoxes), cette option reste cependant problématique puisque la loi du 1er mars 2006 a lié l’autorisation de la crémation à l’appartenance religieuse de la personne décédée. L’Eglise de Grèce est historiquement opposée à la crémation et l’Archevêque Christodolos a bien confirmé que la foi orthodoxe autorise seulement l’inhumation/enterrement des morts. Il n’est pas rare pour des membres du clergé orthodoxe de refuser de célébrer les obsèques religieuses des personnes ayant choisi la crémation (ou également pour des personnes ayant opté pour un mariage civil sans mariage religieux).
Puisque la crémation était jusqu’à présent illégale, il n’existait pas de crématoriums en Grèce, et donc tous ceux qui choisissaient cette option devaient prévoir le transport du corps à l’étranger (généralement en Bulgarie ou Roumanie). Il est maintenant prévu de construire deux crématoriums en Grèce (un à Athènes et un à Thessalonique).

8 septembre 2006

2005

Automne 2005 : Accès des séminaires de l’Eglise de Grèce au statut universitaire
Suite aux affaires de corruption, dont plusieurs restent encore en cours d’investigation, impliquant l’archevêque et (...)

  • Automne 2005 : Accès des séminaires de l’Eglise de Grèce au statut universitaire

Suite aux affaires de corruption, dont plusieurs restent encore en cours d’investigation, impliquant l’archevêque et d’autres membres du clergé de l’Eglise de Grèce, on note dans l’actualité une nouvelle controverse.
Elle concerne les écoles ecclésiastiques grecques et la proposition du Ministère de l’Education, suite aux pressions de l’archevêque Christodoulos, de transformer quatre séminaires de l’Eglise (qui forment les prêtres) en des Académies ayant un statut universitaire.
Cette proposition a provoqué plusieurs réactions, contestant en particulier le fait que l’évêque local devra approuver un candidat qui souhaite se présenter aux examens d’entrée. Au sein des facultés universitaires de théologie et dans plusieurs milieux grecs on parle d’ « universités théocratiques », mais d’autres défendent cette proposition au nom de l’amélioration de la formation des prêtres en Grèce.

  • Mars 2005 : Crise des relations Eglise-Etat

Depuis janvier 2005, l’Eglise orthodoxe grecque se trouve dans une crise profonde, plusieurs membres du haut clergé (y compris, l’archevêque d’Athènes, Christodoulos, impliqué personnellement) étant impliqués dans une série d’affaires de corruption de magistrats, de scandales financiers ou de nature sexuelle (pornographie, etc.). Certains affaires dépassent même le cadre de la Grèce, impliquant même le Patriarche de Jérusalem Irinaios.
L’archevêque Christodoulos s’est engagé publiquement à diriger une campagne de "catharsis" (purification) et a même adressé une lettre au ministre de l’économie et des finances lui demandant de contrôler l’ensemble des finances ecclésiastiques dans le pays. Puisque le clergé est entièrement financé par l’Etat (ministère de l’Education nationale et des affaires religieuses) les affaires financières de l’Eglise sont théoriquement soumises au contrôle étatique.
Le gouvernement conservateur, et surtout le premier-ministre, Costas Caramanlis, a jusqu’a présent souligné son soutien à la campagne de purification de l’Eglise ; mais cette série de scandales a fait émerger de plus en plus de voix en faveur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en Grèce. Selon plusieurs milieux intellectuels et libéraux il y a là une grande opportunité historique de procéder à une séparation administrative entre Eglise-Etat, affirmée comme avantageuse pour les deux partis concernés. Pour la première fois, le principal parti de l’opposition (le socialiste Giorgos Papandréou), s’est presque engagé à procéder à la séparation de l’Eglise et de l’Etat au cas ou il arriverait au pouvoir lors des prochaines élections. Lors de la prestation de serment du nouveau président de la République en mars 2005, les partis de gauche grecs (Synaspismos) avaient refusé de participer à la cérémonie pour protester contre la présence traditionnelle de l’Archevêque.
L’opinion publique, si l’on en juge par quelques sondages d’opinion de février et mars 2005, commence à montrer les premiers signes de mécontentement envers l’Archevêque Christodoulos. Auparavant, notamment à la suite du conflit sur la suppression de la mention religieuse des cartes d’identité grecques en 2000, il bénéficiait d’un taux d’approbation publique relativement élevé. On parle même dans les milieux ecclésiastiques d’une éventuelle démission de l’Archevêque, bien que celui-ci ait catégoriquement affirmé son engagement à la purification de l’institution ecclésiastique sous sa direction, mais n’ait jamais évoqué sa démission.
Face à ces critiques, l’Eglise s’est engagée à une "purification", mais a également formulé l’accusation que certains milieux, y compris les médias et les milieux intellectuels de gauche, veulent attaquer la personne de l’archevêque et faire marginaliser l’Eglise, et ainsi la retirer de la vie sociale et nationale du pays. Cette réaction de la part de l’Eglise est très similaire à celle de 2000, lors du conflit sur la suppression de la mention religieuse sur les cartes d’identité grecques, où le gouvernement socialiste a été fortement accusé de vouloir éroder le role de l’Eglise dans la société grecque au profit d’une sécularisation à l’occidentale.
Les investigations autour des affaires impliquant l’archevêque et d’autres membres du clergé sont actuellement en cours. Au-delà des affaires elles-mêmes, une question à retenir est de savoir si cette dernière crise au sein de l’Eglise de Grèce peut rendre le paysage religieux, social et politique grec réceptif, dans l’opinion publique et les milieux politiques, à l’action de tel ou tel gouvernement qui oserait sur le long terme concrétiser et mettre éventuellement en place un schéma pour une séparation administrative entre l’Eglise et l’Etat, qui devrait être commode et adaptée aux réalités historiques, sociales et politiques grecques.

  • La séparation de l’Eglise et de l’Etat et les biens de l’Eglise

La séparation administrative de l’Eglise et de l’Etat et l’expropriation des biens de l’Eglise proposées par le gouvernement socialiste en 1981 représentaient un énorme risque politique et le gouvernement a dû trouver un compromis. En 1987, il y a eu une proposition de la part du gouvernement socialiste pour l’expropriation d’une grande partie des biens ecclésiastiques justifiée par l’argument que la remunération du clergé représentait une trop grande part du budget national, ce qui nécessitait l’appropriation des biens ecclésiastiques. Suite à la protestation de l’Eglise, la proposition de 1987 fut modifiée un an plus tard. En fin de compte, l’Etat a pu obtenir une partie des terres ecclésiastiques mais l’Eglise a porté plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.
La séparation de l’Eglise et de l’Etat reste toujours inachevée aujourd’hui et la question de l’expropriation des biens de l’Eglise a été partiellement réalisée, avec un coût politique considérable. Il est actuellement prévu que l’Eglise doit utiliser ses propres biens pour mener à bien ses actions sociales.

24 novembre 2005

2002

Mention de l’appartenance religieuse sur les cartes d’identité
La mention de la religion sur les cartes d’identité grecques remonte à la loi de 1945, selon laquelle les cartes d’identité sont (...)

  • Mention de l’appartenance religieuse sur les cartes d’identité

La mention de la religion sur les cartes d’identité grecques remonte à la loi de 1945, selon laquelle les cartes d’identité sont désormais obligatoires et doivent inclure le nom du titulaire, le nom du père et du conjoint, le lieu et la date de naissance, la profession, la signature, la nationalité, les empreintes digitales et la religion. Cette politique a continué jusqu’à 1985, moment où le gouvernement socialiste a introduit la loi 1599/1986 pour la mention optionnelle de la religion sur les cartes d’identité.
L’Eglise, à l’époque dirigée par l’archevêque Séraphim, a organisé une campagne d’opposition et de protestation pour le maintien de la mention obligatoire de la religion sur les cartes d’identité.
En 1995, la signature de l’Accord de Schengen pour la libre circulation des personnes dans l’Union européenne a éliminé les contrôles aux douanes, le contrôle des passeports étant remplacé par celui des cartes d’identité. La Grèce a signé cet accord en 1997 et a dû mettre en circulation des nouvelles cartes d’identité bilingues.
Epinglé par le Parlement européen qui avait désapprouvé la mention obligatoire de la religion, le gouvernement socialiste, et notamment une commission juridique pour la défense des données personnelles, a introduit en 1997 une loi sur la protection des données personnelles ; les citoyens grecs n’étaient plus obligés de déclarer des données personnelles comme la profession, la religion, les empreintes digitales et le statut marital sur les cartes d’identité. Cette loi n’a pas été appliquée jusqu’à l’année 2000, quand le Ministre de la justice a annoncé son intention de mettre en circulation les nouvelles cartes d’identité sans la mention de la religion.
Pour forcer le gouvernement à revoir sa décision, l’archevêque de l’Eglise de Grèce, Christodoulos, a organisé une campagne de protestation nationale, ainsi qu’un referendum par lequel il a rassemblé près de 3 millions de signatures revendiquant la mention volontaire de la religion.
Le Président de la République a répondu en confirmant qu’il n’était pas question de changer la législation, ce qui a finalement supprimé la religion des cartes d’identité.
Chaque gouvernement au pouvoir entre 1986 et 2002 a pu exercer sa propre influence sur cette question et le conflit fut donc, sauf quelques exceptions, partisan et politique.

  • Autres questions :

- Conflit entre l’Eglise de Grèce et le Patriarcat Oecumenique sur des questions administratives.
- Evolution du cours de religion vers un cours d’histoire des religions.
- Rôle politique et les interventions politiques de l’archevêque Christodoulos sur plusieurs dossiers politiques et sociaux.
- Normalisation du statut juridique de l’Eglise Catholique.
- Suppression ou modification de la loi sur le prosélytisme.

4 septembre 2002