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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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2007

  • Construction d’une mosquée à Athènes

Alors que 300 mosquées sont implantées en Thrace occidentale, la capitale grecque n’a pas de mosquée officielle, malgré le grand nombre de musulmans vivant à Athènes. La construction de mosquées a été autorisée légalement dans les années 1930, avec une autorisation du métropolite local et du Ministère de l’éducation et des affaires religieuses. Jusqu’à présent les tentatives d’édification d’une mosquée à Athènes n’ont pas abouti.
Dans la perspective des Jeux olympiques d’Athènes de 2004, le gouvernement socialiste autorisa la construction d’un centre culturel islamique et d’une mosquée à Penia (près de l’aéroport d’Athènes). Financée par l’Arabie saoudite, la mosquée serait cependant supervisée par les autorités grecques. L’Église de Grèce approuva le projet de construction d’une mosquée-lieu de culte, mais s’opposa à la création d’un centre culturel. La construction fut également reportée car le maire conservateur de Penia, soutenu par l’évêque local, argumenta que les plans de construction n’avaient pas reçus les permis de construction nécessaires. Les autorités locales avancèrent également des arguments culturels et arguèrent qu’un minaret nuirait à l’esthétique de la ville, et donnerait, à proximité de l’aéroport, une mauvaise impression aux visiteurs arrivant à Athènes. Les habitants érigèrent une croix de 3 mètres de haut à l’endroit proposé pour la construction. Des propositions pour ériger une mosquée dans un autre lieu de la capitale sont encore en suspens. La population musulmane d’Athènes doit toujours pratiquer le culte dans des lieux non officiels et non autorisés faisant office de mosquées.
Selon de nouveaux projets gouvernementaux, Athènes pourrait avoir une mosquée financée et prise en charge par le gouvernement grec en 2010, probablement dans le quartier non-résidentiel d’Eleonas près d’Omonia, au centre Athènes. La proposition a été soumise par la Ministre de l’éducation et des affaires religieuses au parlement grec fin octobre 2006. La construction de la mosquée est en principe acceptée, mais certains points ont été contestés par plusieurs partis politiques, notamment l’exigence du gouvernement grec de nommer l’imam de cette mosquée. Cela pourrait poser des problèmes compte tenu de la diversité religieuse et ethnique des musulmans d’Athènes (shiites, sunnites, pakistanais, iraniens, africains, etc...). Un autre point de contestation porte sur le lieu d’édification de la mosquée pour lequel il n’y a pas de consensus, ainsi que sur la constitution d’un comité de 7 membres pour l’administration de la mosquée, lequel inclurait seulement 2 membres de la communauté musulmane. La question est actuellement ouverte et en cours de développement.

  • Création d’établissements scolaires ecclésiastiques

L’Eglise de Grèce a récemment annoncé son intention d’ouvrir des établissements scolaires primaires et secondaires à Athènes et Thessaloniki pour l’année scolaire 2008-2009. Cela survient après plusieurs déclarations de l’Archevêque Christodoulos concernant l’insuffisante performance académique des établissements scolaires publics grecs, ainsi que son inquiétude sur la déchristianisation de la société grecque. D’ailleurs l’Eglise avait déjà exprimé sa désapprobation concernant l’instruction religieuse (et l’enseignement de l’histoire) dans les établissements publics grecs. En février 2007, l’Eglise de Grèce a exprimé sa colère au sujet de certains nouveaux manuels scolaires d’histoire dans lesquels le rôle de l’Eglise de Grèce pendant la révolution grecque contre la domination ottomane (1821-29) est relativisé.
Les écoles proposées par l’Eglise de Grèce seront des établissements privés partiellement financés par l’Eglise et administrés par des associations/fondations spéciales. Selon la loi grecque, l’Eglise n’a pas le droit officiellement de créer des établissements scolaires.

  • Rencontre au Vatican du Pape Benoit XVI avec le chef de l’Eglise de Grèce, l’Archevêque Christodoulos

Le voyage de l’Archevêque Christodoulos au Vatican en décembre 2006 pour rencontrer le Pape Benoit XVI fut un évènement historique, la première visite officielle d’un chef de l’Eglise de Grèce au Vatican. Elle indique une volonté de rapprochement avec le Vatican, après plusieurs tentatives de dialogue entre le Patriarcat Œcuménique et le Vatican (voir aussi la visite du Pape en Turquie et au Patriarcat Œcuménique en 2007). A cette occasion, l’Archevêque et le Pape ont exprimé leurs inquiétudes concernant la perte de l’identité chrétienne de l’Europe, la nécessite de préserver les racines chrétiennes du continent européen et leur scepticisme sur l’adhésion de la Turquie à l’UE.
Historiquement les relations entre l’orthodoxie, l’Eglise de Grèce et le Vatican sont tendues depuis le pillage de Constantinople en 1204 par les Croisades. Suite à une visite du Pape Jean-Paul II en 2001 à Athènes, pendant laquelle il a exprimé son regret pour ces évènements historiques, les relations entre le Vatican et l’Eglise de Grèce se sont un peu améliorées. Pourtant un certain scepticisme envers l’Eglise Catholique et le Vatican demeure fort parmi certains milieux ecclésiastiques orthodoxes et parmi la population grecque.

  • Création du premier crématorium en Grèce

Le gouvernement grec a annoncé en février 2007 la construction d’un crématorium en 2009, probablement dans les locaux du Premier Cimetière d’Athènes, au centre de la capitale. Le lieu d’implantation du premier crématorium à Athènes reste cependant un point de contestation, puisque il devrait être construit dans des quartiers non-résidentiels de la ville pour des raisons liées à l’environnement.
L’Eglise de Grèce est historiquement opposée à la crémation et l’Archevêque Christodoulos a bien confirmé que la foi orthodoxe autorise seulement l’inhumation/enterrement des morts. Il n’est pas rare pour des membres du clergé orthodoxe de refuser de célébrer les obsèques religieuses des personnes ayant choisi la crémation.
Pourtant compte tenu de l’actualité de la question en Grèce (en raison de la diversification démographique par des populations étrangères vivant en Grèce et du manque de places dans les espaces des cimetières) et de la pratique de crémation dans des pays voisins, l’Eglise de Grèce devrait revoir la question au printemps 2007 selon certains membres du clergé.

12 décembre 2007