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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Aspects juridiques des relations Eglise-Etat

L’histoire du Danemark est marquée par une réglementation des religions et par la prédominance du luthéranisme qui s’est imposé après les guerres de religion (en vertu du principe cujus regio, ejus religio). Cette prédominance est à l’origine de certains compromis difficiles dans le cadre de la Realpolitik danoise. Depuis la Constitution de 1849, la réglementation en matière de religion au Danemark établit l’Eglise évangélique luthérienne comme l’un des quatre piliers de la société danoise (§ 4). En vertu de la Constitution, l’Eglise évangélique luthérienne est religion d’Etat et est autonome. Une loi établit la Folkekirken (Eglise évangélique luthérienne du Danemark) comme une institution autonome, fondée sur le principe de l’autodétermination et indépendante de l’Etat, bien que subventionnée par lui (articles 66 et 4). Une autre loi réglemente les activités des autres communautés religieuses (article 69) en leur garantissant les mêmes libertés et responsabilités que celles de l’Eglise évangélique luthérienne.

La Constitution a établi un cadre législatif visant à reconnaître de manière explicite, et par décret royal, les quelques communautés religieuses qui étaient déjà une réalité politique en 1849. Ces communautés religieuses comprennent notamment la communauté juive, qui est reconnue depuis 1685. Cette procédure de reconnaissance administrative a été maintenue après l’instauration de la Constitution et comprend une liste des principales Eglises présentes au Danemark telles que l’Eglise catholique, l’Eglise orthodoxe russe de Copenhague, l’Eglise norvégienne, l’Eglise suédoise, l’Eglise d’Angleterre, les Eglises réformées, l’Eglise baptiste, l’Eglise méthodiste et la communauté juive. La procédure de reconnaissance des religions a été modifiée juste après la Seconde Guerre mondiale de sorte que les communautés religieuses apparues après 1960 (islamiques, bouddhistes ou autres) ont été reconnues tardivement et leur sort a été confié aux ministres et secrétaires permanents des bureaux et départements ministériels qui changent à chaque remaniement gouvernemental.

Voir aussi : DÜBECK Inger, "État et Églises au Danemark", in ROBBERS Gerhard (ed.), État et Églises dans l’Union européenne, 2e éd., Baden-Baden, Nomos, 2008, p. 56-79.

13 septembre 2012