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2009

  • Octobre 2009 : Révision de la charte constitutionnelle de l’Eglise

En automne 2009, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Chypre semble avoir conclu un accord au sujet des modifications de la Charte constitutionnelle de l’Eglise. Ces modifications visent à remédier à divers problèmes qui se sont manifestés au cours des élections archiépiscopales de 2006

[sur ce débat, voir Victor Roudometof, « Orthodoxie et modernité à Chypre : Les élections archiépiscopales de 2006 en perspective historique » Journal of Contemporary Religion 2009, vol. 24 (2) [mai] : 189-204].

Ces modifications concernent les points suivants : premièrement, l’archevêque sera désormais élu par un vote majoritaire des membres du Saint synode de l’Église orthodoxe de Chypre. La participation des laïcs dans le processus est limitée à la sélection des trois candidats et sur la base du principe « une personne, une voix ». L’Église est habilitée à demander l’assistance de l’État pour organiser les élections parmi les laïcs.

Deuxièmement, tous les membres du haut clergé - y compris l’archevêque - sont nommés à vie. Troisièmement, le Synode se réserve le droit de rendre le trône vacant si l’archevêque se voit dans l’incapacité d’assurer ses fonctions, mais uniquement si 75% de ses membres acceptent cette proposition. Quatrièmement, le Synode est doté du droit de congédier des membres du clergé qui sont soupçonnés d’avoir commis des crimes ou causé du scandale au sein de leur congrégation. Enfin, l’Église a proclamé son droit de regard sur l’éducation religieuse dans les écoles. Ce dernier point est lié aux déclarations faites par l’archevêque début 2009, précisant que l’intention de l’Église est de créer et d’exploiter son propre système scolaire, indépendamment de l’État.

Le droit réaffirmé de l’Église de discipliner les membres du clergé doit être replacé dans son contexte. Entre le 16 et le 23 octobre 2009, l’Église de Chypre a accueilli les réunions d’une commission mixte sur le dialogue interreligieux entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine. L’événement a déclenché de vives protestations verbales parmi les membres les plus conservateurs du clergé et des fidèles opposés au dialogue. Quelques violents incidents ont eu lieu à Paphos, où s’est tenue la rencontre, et la police a dû intervenir pour empêcher les manifestants de perturber la réunion. Au lendemain de ces événements, l’archevêque a fait des déclarations publiques, affirmant que de telles actions étaient contraires aux intentions de l’Église orthodoxe de Chypre et que les ecclésiastiques qui avaient participé aux manifestations devraient être sanctionnés.

3 novembre 2009