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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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2005

  • Mars 2005 : Une robe islamique à l’école

La Cour d’appel a jugé qu’une écolière musulmane, à qui on avait interdit de porter la djellaba (une tunique longue), avait été illégalement exclue de l’école. Elle a rendu caduc le jugement d’une cour de première instance en faveur de l’école. Une élève, Shabina Begum, suivait des cours dans une école où le directeur et 79 % des élèves étaient musulmans. Les filles étaient autorisées, si elles le désiraient, à porter le shalvar kameez (pantalon et tunique) et le foulard en tant qu’uniforme. Mademoiselle Begum souhaitait porter la djellaba pour des raisons religieuses, mais l’administration de l’école ne l’a pas autorisée à le faire.
La cour a reconnu que l’école avait le droit d’exiger un uniforme, mais a décidé que celle-ci n’avait pas tenu compte des Droits de l’homme invoqués par l’élève et garantis par la loi. L’école était en effet tenue de justifier de toute entrave à ces droits et ne l’a pas fait. « Au lieu de cela, elle est partie du principe que l’uniforme scolaire doit être respecté : si cela ne plaisait pas à la plaignante, elle pouvait aller dans une autre école » a déclaré Lord Brooke qui a cependant ajouté : « Rien dans ce jugement ne doit pouvoir signifier qu’il ne serait pas possible à une école de justifier sa position si elle devait, à la lumière de ce jugement, reconsidérer sa politique en matière d’uniforme et décider de ne pas la changer en connaissance de cause. » La décision se fondait sur l’article 9 de la Convention pour la sauvegarde des Droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Voir également le reportage de la BBC concernant la décision et ses conséquences sur les politiques en matière d’uniforme scolaire.

  • Mars 2005 : La mort du Pape

La mort du Pape Jean-Paul II a eu un impact inattendu au Royaume-Uni. Le Premier ministre a retardé la date de l’annonce des élections générales en signe de respect et le prince Charles (l’hériter au trône) a reporté son mariage afin de pouvoir prendre part aux funérailles. L’archevêque de Canterbury, chef de l’Eglise d’Angleterre, aurait décidé d’aller à Rome plutôt que de célébrer le mariage royal. De telles marques de respect n’avaient jamais été témoignées par le passé et certains commentateurs ont parlé de « l’étrange mort de l’Angleterre protestante » (Mark Almond, The Guardian) ou bien déclaré que c’était « comme si la Réforme n’avait jamais eu lieu » (Marin Kettle, The Guardian).

6 juin 2005