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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Migration et tradition du « Juju »

Mai 2017

Les services sociaux suisses sont confrontés à des cas toujours plus fréquents de migrantes nigérianes, pour la plupart faisant partie de réseaux de prostitution, souffrant de stress post-traumatique ou convaincues de vivre sous la menace de sorciers. Comprendre la tradition du « Juju » est une première étape pour parvenir à soulager la souffrance de ces migrantes.

Pour maintenir ces femmes sous leur contrôle et leur extorquer de grosses sommes d’argent, les réseaux criminels qui exploitent ces Nigérianes recourent non seulement à des menaces physiques, mais également à l’exploitation de leurs croyances religieuses. Avant d’être envoyées en Europe, ces femmes sont amenées chez un sorcier qui, selon la tradition du « Juju », possède le pouvoir de les tuer ou de les rendre folles à distance grâce aux pouvoirs du dieu Eshu. Socialisées dans des sociétés imprégnées par le monde de la magie et ses croyances, ces femmes vivent des angoisses si importantes qu’elles développent des désordres psychiques graves.

Maria Rio Benito, médecin psychiatre de l’association d’aide aux migrant.e.s Appartenances située à Lausanne, explique que des symptômes de stress post-traumatique sont fréquents. Selon elle, le phénomène du « Juju » doit être compris et traité dans le cadre de la précarité sociale des victimes. Les cas se multiplient en raison de l’augmentation des flux migratoires depuis le Nigeria.

Source : Le Temps.

20 juin 2017