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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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2016

  • Octobre 2016 : La religion à l’école

En octobre de cette année, la médiatrice de la République de Chypre, Eliza Savvidou, a décidé d’agir, parce que la participation des élèves de primaire et de secondaire aux activités religieuses se fait sans prendre en compte leur affiliation religieuse. En principe, selon le ministère de l’Education, les élèves appartenant à d’autres groupes religieux que l’Eglise grecque orthodoxe (soit les arméniens, les maronites, et les latins) ne sont pas tenus d’assister aux cours d’éducation religieuse, du fait de leur droit à la liberté religieuse. En réalité, ce droit semble difficile à mettre en œuvre en République de Chypre. En effet, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique, les élèves sont poussés à assister aux services religieux ou aux cours de religion organisés par les établissements d’éducation, malgré la neutralité affirmée de l’Etat.

La mission officielle de la médiatrice est de surveiller l’application de la politique du ministère de l’Education sur les exemptions religieuses, et de maintenir un dialogue sur la liberté religieuse dans l’éducation. Selon le rapport Cyprus 2015 International Religious Freedom Report du Département d’Etat des Etats-Unis, le bureau de la médiatrice a reçu plusieurs plaintes à ce sujet en 2014.

L’Eglise orthodoxe a appelé à manifester contre la demande de neutralité de l’Etat exprimée par la médiatrice. L’archevêque Chrysostome refuse que la médiatrice exerce son autorité pour surveiller si les élèves vont à l’Eglise ou non. Le chef de l’Eglise orthodoxe de Chypre a déclaré : "Que les enfants aillent à l’Eglise ou non, cela ne la regarde pas. Le ministère de l’Education a son programme, et ne demandera pas à la médiatrice s’il doit l’appliquer ou non" (voir l’article du Cyprus Mail). La neutralité de l’Etat en ce qui concerne l’éducation publique est perçue par l’Eglise orthodoxe comme résultant de la volonté de l’Union européenne de séculariser la société chypriote.

  • Mars 2016 : L’Eglise s’oppose au projet de loi sur l’avortement

L’Eglise orthodoxe de Chypre s’oppose à un projet de loi autorisant l’avortement jusqu’à la douzième semaine de grossesse sans exiger ni une justification ni une condition médicale qui empêcherait la poursuite de la grossesse. La législation actuelle à Chypre permet d’interrompre une grossesse si elle résulte d’un viol, si la vie de la mère est en danger, ou si la grossesse devait causer "un dommage physique ou mental" à la mère ou à l’un de ses autres enfants. La proposition de loi a été discutée en comité par la Chambre des députés.

En réponse, le Saint synode de l’Eglise orthodoxe de Chypre a publié une encyclique distribuée dans toutes les paroisses de l’île, affirmant que l’avortement est un meurtre. Le document déclare : "Nous avertissons les services de l’Etat qui ont préparé ce projet de loi sans prendre en considération la sensibilité religieuse et ethnique, ni même les traditions de notre peuple, qu’ils se préparent à prendre leurs responsabilités devant Dieu et devant notre nation pour avoir tenté de changer ses coutumes nationales".

20 décembre 2016