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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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2015

  • Septembre 2015  :

le système bancaire grec est placé sous le statut de "contrôle des capitaux" depuis le 18 juillet. En pratique, cela signifie que le détenteur d’un compte a un accès limité à ses dépôts et est soumis à une limite de retrait d’espèces, par exemple 420 euros par semaine. Cependant, depuis le 29/09/2015, l’Eglise orthodoxe a été dispensée de cette règle générale (en Grec). Chaque évêché peut effectuer un retrait de 10 000 euros et l’archevêque d’Athènes peut retirer jusqu’à 20 000 euros.
Cette exemption a été présentée comme une mesure destinée à faciliter l’importante aide humanitaire fournie par l’Eglise, les soupes populaires par exemple. D’autre part, comme les virements bancaires en ligne ne sont pas soumis au contrôle des capitaux, les transactions concernées de l’Eglise sont alors effectuées sans restriction. Le raisonnement justifiant cette exception ressemble plus à une excuse pour un traitement privilégié qu’à une décision nécessaire et fondée à l’égard du bénéfice social général.

  • Juin 2015 :

le Gouvernement publie un projet de loi (en Grec) qui introduit un système d’union civil pour les couples de même sexe, quasiment deux ans après la décision de la Cour européenne des droits de l’homme condamnant la Grèce pour traitement discriminatoire. L’Eglise orthodoxe de Grèce a réagi officiellement après la publication du projet loi mais de façon peu dynamique. Le projet de loi ne fait aucune référence au droit à l’adoption des couples de même sexe, ce qui pourrait expliquer cette réaction sans grand dynamisme.

  • Juin 2015 :

l’Eglise orthodoxe de Grèce, contrairement à la position du Gouvernement de coalition, a adopté une position claire en faveur du OUI dans le référendum relatif au sauvetage financier de la Grèce.

  • Mai-Juin 2015 :

quelques 600 000 visiteurs ont vénéré les reliques de sainte Barbara durant leur exposition (du 10 mai au 1er juin 2015). Une cérémonie officielle d’Etat (accueil officiel d’un chef d’Etat étranger) a été organisée pour l’accueil des reliques à l’aéroport d’Athènes, ce qui a provoqué la réaction de certains membres du Cabinet qualifiant cette exposition de "commerce de reliques". Cette déclaration a été perçue par le porte-parole de l’archevêque comme un signe d’anticléricalisme visant à violer le droit à la liberté religieuse.

  • Avril 2015 :

le ministère de la Reconstruction de la production, de l’Environnement et de l’Energie a publié une modification de la législation supprimant les obstacles (c’est à dire une modification de la forme) qui bloquent la construction de la mosquée financée par l’Etat à Athènes. Il convient de noter que l’Eglise orthodoxe de Grèce a fait part de son scepticisme à l’égard de cette construction à maintes reprises.

  • Janvier 2015 :

le processus d’exemption de l’enseignement religieux pour les élèves a fait la une une fois de plus. Particulièrement, l’encyclique 12773/Δ2-23/01/2015 (en Grec), publiée en janvier 2015 par le précédent Gouvernement de centre-droite, prévoit que les élèves chrétiens non orthodoxes de l’enseignement primaire et secondaire soient dispensés de cours de religion sous réserve que les parents signent le formulaire de consentement correspondant. L’encyclique stipule également que les directeurs d’écoles auront la responsabilité de vérifier la validité des preuves fournies pour justifier la demande d’exemption. Différentes voix se sont élevées contre la mise en œuvre de l’encyclique au motif qu’elle rend la procédure d’exemption plus difficile en définissant des critères plus stricts et des obstacles techniques. Il a même été suggéré que son application pratique pourrait conduire à la violation des valeurs de la liberté religieuse car il est plus ou moins demandé aux parents de prouver au directeur de l’école qu’ils ne sont pas chrétiens orthodoxes afin d’obtenir l’exemption pour leur enfant, ce qui a un double effet. Premièrement, une tierce personne, le directeur de l’école, acquiert le pouvoir d’intervenir sur une question totalement personnelle. Deuxièmement, le droit des parents de ne pas révéler leur appartenance ou non-appartenance à une religion est violé.
Dans ce contexte, la nouvelle ministre adjointe de l’Education et des Cultes, Mme Sia Anagnostopoulou, a déclaré que la procédure actuelle devrait être abolie en vertu de la liberté de religion. En conséquence, l’unique critère pour l’exemption devrait être une déclaration parentale sans indication sur les raisons de leur décision. Cette déclaration a, cependant, déclenché la réaction de l’archevêque Hieronymus de l’Eglise orthodoxe de Grèce qui a parlé de la ministre adjointe avec dédain. Il a notamment souligné que la déclaration d’Anagnostopoulou ne reflète pas la politique du Gouvernement, mais celle "d’une femme qui a certaines idées en tête". Pour lui, la Constitution, qui stipule que l’enseignement primaire et secondaire doit avoir un caractère "chrétien", ne peut être contestée sur ce point. Il estime également que "les Grecs doivent devenir sérieux et ne pas prêter attention à ces absurdités".
La réunion subséquente entre le ministre de l’Education et des Cultes, M. Nicos Philis, et l’archevêque a clairement montré que le Gouvernement ne veut pas réellement modifier le cadre légal actuel. Il semble que le Gouvernement de coalition, en dépit du discours pro-laïque du parti Syriza, est réticent à mettre cette question, ou toute autre question controversée liée à la religion, à l’ordre du jour.

30 septembre 2015