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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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2014

  • Novembre 2014 : le scandale du cheval de Troie provoque un débat sur les écoles confessionnelles et l’éducation religieuse

Plusieurs écoles confessionnelles en Grande-Bretagne sont actuellement inspectées et déclassées par les inspecteurs de l’éducation nationale en raison de leur manquement à dispenser à leurs élèves des cours sur les différentes religions et à les alerter sur les dangers de l’extrémisme. Cette action fait suite à une série récente d’événements plus connus sous le nom du scandale de « cheval de Troie » mettant en cause des écoles de Birmingham accusées de privilégier l’idéologie islamiste.
En mars 2014, une lettre, dans laquelle des islamistes revendiquent leur responsabilité dans l’installation de nouveaux directeurs d’écoles à Birmingham, est divulguée. La lettre, dont l’authenticité a été remise en question depuis, met en avant des allégations selon lesquelles plusieurs écoles à Birmingham et ailleurs sont dirigées par des islamistes qui tentent de répandre une idéologie islamique de manière systématique. Cette campagne supposée qui sera ensuite connue sous le nom d’« opération de cheval de Troie » a conduit le gouvernement à procéder à une enquête d’envergure au sein de cinq écoles. Le gouvernement n’a trouvé aucune preuve relative au terrorisme ou à un extrémisme violent, cependant les inspecteurs ont rendu compte dans leur rapport des éléments suivants : faiblesse du processus de gestion, méfiance mutuelle parmi le personnel, promotion active de l’islamisme sunnite conservateur par certains enseignants, intolérance et tensions entre les groupes sur la religion au sein des écoles. Certains parents se sont également plaints qu’on exige des étudiants musulmans, largement majoritaires, de participer aux célébrations chrétiennes.
Les écoles impliquées dans le scandale original à Birmingham n’étaient pas des écoles confessionnelles. Cependant, le Office for Standards in Education (Bureau des normes éducatives) a adopté depuis une attitude plus critique à l’égard des influences religieuses et de l’enseignement religieux, ce qui inclut les interrogations relatives au fonctionnement des écoles confessionnelles. Une école secondaire juive et une école catholique ont déjà toutes deux fait l’objet de mesures spéciales après l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations. Le nouveau secrétaire à l’éducation, Nicky Morgan, lance un processus de consultation suggérant que les élèves choisissant de suivre un enseignement religieux au niveau du secondaire ne devraient pas se limiter à l’étude d’une confession unique.

Pour en savoir plus, consulter le site web de the Guardian.

  • 24 avril : les commentaires du Premier ministre sur le christianisme déclenchent un débat sur la séparation de l’Église et de l’État

Lors de la réception à l’occasion de Pâques au 10 Downing Street, le Premier ministre et leader du Parti Conservateur, David Cameron, s’est exprimé sur sa foi chrétienne et la manière dont elle l’aide à prendre des décisions morales. Son discours, et plus particulièrement sa description de la Grande-Bretagne en tant que « pays chrétien », a déclenché de nombreuses réactions parmi la presse. Une lettre signée par 50 personnalités publiques soutient que le Royaume-Uni est une société « non-religieuse » et « pluraliste » et que ces affirmations pourraient favoriser des divisions. Nick Clegg, le leader de l’autre parti du gouvernement de coalition, les Libéraux-démocrates, plaide en faveur d’une séparation de l’Église et de l’État. De son côté, l’archevêque Justin Welby a soutenu la déclaration de Cameron et a affirmé que Cameron avait raison quand il affirme que la Grande-Bretagne est un « pays chrétien », indépendamment du nombre de croyants chrétiens dus à l’influence historique et actuelle de l’église.

Pour lire des extraits du discours de Cameron, consultez the Guardian, et pour prendre connaissance de la réaction de l’archevêque, cliquez sur BBC.

  • 29 mars : les premiers couples homosexuels se marient en Grande-Bretagne, mais le clergé anglican a pour instruction d’éviter de faire de même

La loi sur le mariage (des couples de même sexe) est entrée en vigueur en juillet de l’année dernière. Les premières cérémonies de mariage se sont déroulées le samedi 29 mars 2014. La loi en Angleterre et au Pays de Galles a également été modifiée afin de reconnaître pour la première fois les mariages entre couples de même sexe célébrés à l’étranger. En préparation au changement de la loi, une lettre récente de la Chambre des évêques dissuade les membres du clergé anglican d’épouser un partenaire du même sexe. Cependant, au moins sept couples membres du clergé se préparent à se marier en désobéissant ainsi à leurs évêques, mais aucun d’entre eux n’a prévu de cérémonie publique. Juste avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, l’évêque de Salisbury a publié une déclaration pour féliciter les couples qui prévoient de se marier et les assurer de ses prières et de ses meilleurs vœux. Ses remarques encourageantes se font l’écho des opinions d’une instance dissidente importante au sein de l’Église d’Angleterre, instance qui n’est pas satisfaite de la position officielle de l’Église contre le mariage homosexuel

Pour en savoir plus, consulter le site web de the Guardian.

  • 22 mars : les avocats britanniques encouragent la rédaction de testaments conformes à la Sharia

La loi islamique pourrait être appliquée au système juridique britannique pour la première fois par le biais de nouvelles directives pour les avocats sur la rédaction de testaments « conformes à la Sharia ». Dans le cadre d’une nouvelle politique de directives élaborée par l’ordre des avocats, ces derniers ont la possibilité de rédiger des testaments islamiques qui excluent les non-croyants et qui refuseront aux femmes leur part égale des héritages. Les enfants nés hors des liens du mariage et les époux mariés lors d’un mariage non-musulman pourraient également être exclus de la succession selon les principes de la Sharia.
Les nouvelles directives ont provoqué de nombreuses réactions négatives. L’ordre des avocats a défendu les nouvelles orientations qui répondent aux demandes d’une société multiconfessionelle, mais d’autres hommes de loi sont sceptiques quant à encourager la croissance d’un « système juridique parallèle ». Nombreux sont ceux qui s’inquiètent également pour l’égalité des sexes et les droits de l’homme. Les propos de Keith Porteous Wood, le directeur de la National Secular Society (Royaume-Uni) ont été cités dans le journal the Telegraph : « Ces orientations marquent une étape supplémentaire dans le dénigrement par le système juridique britannique d’une loi conforme aux droits de l’homme déterminés démocratiquement en faveur d’une loi religieuse d’une autre ère et d’une autre culture ».
Une enquête parlementaire a été exigée afin de juger du niveau actuel de la loi islamique au Royaume-Uni. Les principes de la Sharia n’ont pas encore été inclus officiellement dans le système juridique britannique, mais un réseau d’environ 85 instances non officielles de la Sharia est existant. Elles s’occupent des litiges commerciaux et familiaux entre les familles musulmanes.

Pour en savoir plus, consulter le site web du Telegraph.

  • 6 mars : le président des vétérinaires britanniques exige un changement dans la législation sur l’abattage rituel

Le nouveau président de l’association des vétérinaires britanniques, John Blackwell, a déclaré que l’abattage rituel des animaux devrait être adapté afin d’empêcher la souffrance des animaux. La législation britannique autorise la pratique juive et musulmane d’égorgement des animaux, puis de les laisser saigner à mort, pour produire de la viande kasher et halal. Plus de 600 000 animaux sont saignés à mort chaque semaine dans les abattoirs religieux en Grande-Bretagne.
M. Blackwell a expliqué qu’un mouton pouvait rester conscient jusqu’à sept secondes après avoir été égorgé et les bovins jusqu’à deux minutes. Il plaide en faveur d’un étourdissement de l’animal au moment de la mise à mort afin de leur éviter des souffrances inutiles. Il a également suggéré d’interdire cette pratique si les musulmans et les juifs refusaient d’adopter une méthode de mise à mort plus humaine. Les associations œuvrant pour le bien-être des animaux soutiennent les pressions visant à interdire l’abattage rituel sans étourdissement.
Les militants juifs affirment que ces méthodes d’abattage préservent effectivement le bien-être de l’animal. Le Vice-Premier ministre, Nick Clegg, a également réfuté le point de vue de M. Blackwell en indiquant qu’une interdiction de l’abattage rituel constituerait une violation des droits des communautés juive et musulmane.

Pour en savoir plus, consultez le site de la BBC et du Telegraph.

  • 14 janvier : un Afghan de 23 ans serait le premier homme à obtenir le droit d’asile au Royaume-Uni sur la base de sa non-religion

Élevé dans la religion musulmane, cet homme est arrivé en Angleterre en 2007 et s’est vu attribuer une autorisation temporaire de séjour. Depuis, il est devenu athée et craint de faire l’objet de persécutions pour avoir renoncé à sa foi en cas de retour forcé dans son pays natal. Avec l’assistance d’un cabinet de consultations juridiques indépendant pour les étudiants, il a soumis sa demande au Home Office (ministère de l’Intérieur) en vertu de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés de 1951 en affirmant qu’il serait victime de persécutions fondées sur la religion ou, dans son cas, sur l’absence de religion, s’il retournait en Afghanistan. La décision du ministère de l’Intérieur d’accepter le déni de l’existence de Dieu comme motif de protection pourrait constituer un précédent significatif pour les affaires de droit d’asile et d’immigration.

Pour en savoir plus, consultez the Guardian.

  • 5 janvier : l’Église d’Angleterre teste une nouvelle version du rituel du baptême qui omet les références au « péché » et au « mal »

Dans cette nouvelle version, il est demandé aux parents, parrains et marraines de « rejeter le mal sous toutes ses nombreuses formes, de même que toutes ses vaines promesses ». La nouvelle formulation du rituel a été élaborée en réponse aux demandes visant à rendre le langage de la cérémonie plus accessible. Elle est en phase de test dans 400 paroisses jusqu’en avril et n’a pas été officiellement approuvée par l’instance dirigeante de l’Église, le synode général. Elle a néanmoins déjà été critiquée par l’ancien évêque Michael Nazir Ali qui y voit un « nivellement par le bas » des enseignements de l’Église.

Pour en savoir plus, consulter le Mail on Sunday.

9 décembre 2014