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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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L’aumônerie militaire

La présence de la religion dans le corps militaire a été historiquement réglementée par une loi qui a subsisté jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 2000. Cette loi illustrait le lien fort existant entre l’armée et l’Église de Suède. À la suite de la séparation entre l’Église et l’État, la sensibilisation aux problèmes de diversité et d’égalité ethnique et religieuse s’est accrue. Il n’existe actuellement aucune loi régissant la présence de la religion dans les forces armées, et les documents officiels insistent sur les principes de traitement égal, sans égard à l’appartenance ethnique, aux croyances religieuses et autres, et de respect de la diversité. Un document spécial sur la politique relative à la liberté de culte a été rédigé et adopté en 2001. Ce document est aujourd’hui en cours de révision, en collaboration avec les représentants des différentes communautés religieuses. En 2009, un « Document directeur pour l’Égalité 2009-2011 » ayant pour objet de clarifier la politique officielle et fondé sur la loi suédoise sur la discrimination a été adopté par l’armée (SFS 2008:567). Ce document directeur dispose que les officiers d’unité devraient entrer en contact avec les représentants des ordres religieux présents au sein de l’unité. Si nécessaire, une salle de confession neutre devrait être mise à disposition de tous pour prier, peu importe la religion pratiquée. Des aliments alternatifs riches en protéines devraient toujours être proposés pour répondre aux besoins résultants des croyances des conscrits. Le document fixe également pour objectif une meilleure sensibilisation du personnel de l’armée vis-à-vis de sa propre attitude et de ses propres valeurs à l’égard de la diversité ethnique et religieuse ; tout obstacle structurel à l’accomplissement de cette diversité devrait être éliminé. Cela entend, par exemple, de la flexibilité dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne les temps de repos, la mise à disposition de nourriture, l’accomplissement de la prière et des rites religieux, l’intégrité personnelle et l’habillement.

Néanmoins, si le respect de la diversité religieuse est mis en avant, la situation actuelle est celle d’une domination presque totale de l’Église de Suède sur la présence religieuse au sein du système militaire en ce qui concerne les soins pastoraux, même après la séparation entre l’Église et l’État. Selon le site internet de l’armée suédoise, l’Église de Suède a mis ses ressources à disposition des forces armées suédoises en matière de conseil pastoral (site internet de l’armée suédoise, 1er septembre 2011). Dans le cadre militaire, le travail pastoral est décrit comme étant l’écoute et le soutien de ceux qui se préparent à participer ou qui participent actuellement à des situations très difficiles, ainsi que la contribution aux réflexions sur les questions éthiques, souvent ambiguës.

Le tutorat pastoral militaire a une perspective interreligieuse et prend en compte les différentes confessions de foi. Les aumôniers représentent leurs communautés de foi respectives mais agissent comme médiateurs pour les autres ordres. L’organisation des soins pastoraux militaires compte en tout 138 postes, répartis dans les différents secteurs de l’armée. D’un point de vue organisationnel, ces soins pastoraux sont intégrés à l’organisation militaire, mais le personnel est employé par les communautés religieuses respectives, à l’exception de deux postes au sein du quartier général de l’armée suédoise et de huit postes relevant des opérations internationales de l’armée. Les deux positions rattachées au quartier général sont celle de « Doyen du terrain » (en suédois : Fältprost), responsable de l’organisation nationale des soins pastoraux, et le « Pasteur du personnel » (en suédois : Stabspastor), responsable des soins pastoraux du personnel du quartier général et assistant du Doyen du terrain pour ses fonctions nationales. Le poste de Doyen du terrain est financé à 75 % par l’Église de Suède et à 25 % par l’armée, tandis que celui de Pasteur du personnel est financé à 100 % par l’armée.

À l’heure actuelle (2011), l’armée suédoise effectue des opérations au Kosovo, en Afghanistan et en Somalie, avec un pasteur attaché à chaque opération. Quatre pasteurs travaillent également pour le détachement suédois du Groupe de combat nordique.

Au total, 28 pasteurs travaillent dans les unités de formation militaire de base, 20 pasteurs travaillent en tant que pasteurs de terrain au niveau régional/provincial, 20 pasteurs travaillent pour « l’organisation des opérations » (insats-organisationen) et 60 pasteurs sont rattachés à des bataillons de défense nationale. Presque tous ces pasteurs, au niveau local, régional ou national, travaillent à temps partiel, et la grande majorité d’entre eux sont employés et rémunérés par l’Église de Suède. Seuls quelques pasteurs rattachés au système de défense nationale sont employés et rémunérés par d’autres communautés religieuses chrétiennes.

21 mai 2014