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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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2005

  • Septembre 2005 : La Conférence des évêques contre la laïcisation

Le Cardinal Ruini est contesté à Sienne à cause de son rôle actif dans la politique italienne (rôle réaffirmé dans un discours officiel du 19 septembre 2005).
L’offensive de la Conférence des évêques contre la laïcisation de la législation italienne se poursuit. A la suite d’une prise de position du chef de l’opposition Romano Prodi prônant une loi instituant un système proche des PACS français, le Card. Ruini (Président de la Conférence épiscopale) a déclaré qu’une telle réforme serait "inconstitutionnelle". Dans son discours, le Card. Ruini a aussi reproché aux juges italiens un usage des écoutes judiciaires peu soucieux de la dignité des personnes. Quoique générale, la remarque a été interprétée comme se référant au scandale éclaboussant l’indépendance du gouverneur de la Banque d’Italie, Antonio Fazio, fervent catholique.

Lire la version intégrale du discours (en italien), et un commentaire sur la contestation à Sienne de Marco Ventura (article en italien du Corriere de Siena).

  • Septembre 2005 : L’affaire de la mosquée de via Quaranta à Milan

L’autorité de police de Milan a ordonné la fermeture d’une école musulmane. Un débat s’est déclenché par la suite, portant sur les droits des communautés musulmanes et sur la recevabilité d’un système d’instruction parallèle.

  • Avril 2005 : La nomination des enseignants de l’Université catholique

Les nominations des enseignants de l’Université catholique du Sacré Cœur sont subordonnées à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente. Cette approbation constitue une condition de légitimité de la nomination et elle ne être contrôlée ni par l’université ni par le juge administratif (Consiglio di Stato, Sentenza 18 aprile 2005, n. 1762).

  • Mars 2005 : Le crucifix dans les salles de classe des écoles publiques

Les juges du Tribunal Administratif Régional du Veneto (Vénétie) ont rejeté un recours contre l’exposition du crucifix dans les salles de classe, exposant que le crucifix est le symbole de valeurs communes au christianisme et à l’Etat, y compris la laïcité, et qu’il n’y a donc aucune raison de le ressentir comme un symbole qui exclurait quelqu’un au nom de la religion (Tribunale Amministrativo, Sentenza 17 marzo 2005, n. 1110).

  • Mars 2005 : La procréation assistée

Les opposants de la loi sur la procréation assistée (notamment les radicaux, une majorité du centre-gauche et une minorité du centre-droite) ont réussi à faire passer un référendum d’initiative populaire pour l’abrogation des certaines parties de la loi, en application de l’article 75 de la Constitution.
Les articles visés sont considérés comme les articles plus « catholiques » de la loi et concernent le statut de l’embryon, la liberté des femmes et des couples du même sexe et l’interdiction de recours à un donneur.

Après s’être déjà exprimé dans ce sens le 17 janvier 2005, le Président de la Conférence des évêques italiens (le Cardinal Ruini) a officiellement demandé aux catholiques, le 7 mars 2005, de ne pas se rendre aux bureaux de vote de façon à faire échouer le référendum par manque du quorum : "È chiaro il senso dell’indicazione di non partecipare al voto : non si tratta in alcun modo di una scelta di disimpegno, ma di opporsi nella maniera più forte ed efficace ai contenuti dei referendum e alla stessa applicazione dello strumento referendario in materie di tale complessità".
Pour plus d’informations sur la position de la conférence épiscopale italienne voir la rubrique référendum sur la procréation sur le site officiel.

La prise de position des évêques italiens a soulevé des critiques par rapport à la compatibilité d’un tel engagement direct avec l’équilibre concordataire, et a ouvert le débat parmi les catholiques ; certains entendent se rendre au vote même pour défendre la loi par leur non à l’abrogation, une autre partie a élaboré un document prônant un "oui" catholique en faveur de l’abrogation.

Le référendum qui s’est tenu les 12 et 13 juin 2005 a été invalidé en raison d’une très forte abstention, seuls 25,9% des inscrits ayant voté.

13 octobre 2005