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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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2007

  • Euthanasie et droit à la vie

Un débat s’est ouvert au début de l’année 2007 lorsque Piergiorgio Welby a demandé que les appareils qui le maintenaient en vie soient éteints. Après un long débat politique, un médecin s’est déclaré prêt à l’aider. Une fois les appareils éteints, le docteur Mario Riccio, anesthésiste, a administré des sédatifs au patient. La Cour pénale de Rome a immédiatement déposé plainte contre le médecin, l’accusant d’avoir aidé un être humain à se suicider. Le 1er février, la Cour pénale a déclaré Mario Riccio non coupable, au motif que le patient a le droit de refuser certaines thérapies et que le médecin a le devoir de l’aider dans son choix. La décision de la Cour a eu un grand impact dans le débat en Italie, alors qu’il n’existe pas de législation précise dans ce domaine et que la charge de créer un minimum de règles revient aux tribunaux.

  • Nouvelle loi sur la famille

Ces derniers mois, le gouvernement a tenté d’introduire une réforme pemettant la reconnaissance des couples qui ne sont pas légalement mariés. L’opposition et l’Eglise catholique ont déclaré que cette réforme allait à l’encontre de tous les principes éthiques et religieux de l’Etat italien, appelant à une marche de protestation appelée "Journée de la famille" qui eut lieu le 13 mai 2007. Etant donné le nombre élevé de participants à cette marche, la nouvelle loi qui prévoyait l’égalité des droits pour les couples homosexuels et les couples non mariés a été retirée.

  • Financement par le "8 pour mille"

Dans La Repubblica du 3 octobre (l’un des principaux journaux italiens qui publie actuellement une série d’enquêtes concernant les aides financières à l’Eglise), une enquête concernant le "8 pour mille" a été publiée. Le "8 pour mille" est la part de l’ impôt que chaque citoyen peut destiner, dans sa déclaration fiscale, à des communautés religieuses ou à l’Etat. Le système de répartion, ignoré de beaucoup d’Italiens, a été clairement exposé par le journal. Le montant total de l’argent est réparti proportionnellement entre les organisations religieuses qui ont accès à ce système et plus de la moitié de ce total est ainsi distribué à l’Eglise catholique. Deux points sont particulièrement critiqués par La Repubblica : les déclarations fiscales dans lesquelles aucun bénéficiaire n’est clairement désigné sont regroupées et le montant correspondant est à nouveau réparti proportionnellement, et là encore le pourcentage le plus élevé est versé à l’Eglise catholique. Le second point concerne la façon dont l’argent est utilisé. Les organisations religieuses peuvent faire de la publicité pour le "8 pour mille" mais, en raison de son coût élevé, seule l’Eglise catholique parvient à en faire. Dans ses annonces, elle indique que l’argent est destiné aux missionnaires en Afrique ou aux pauvres en Italie. Mais en fait seulement 20% du montant total reçu (environ 980 000 euros par an) vont à ces activités d’assistance, les 80% restant demeurant dans le cadre ecclésiastique.

  • La Commission européenne s’interroge sur les avantages fiscaux accordés aux confessions religieuses italiennes

La démarche de la Commission européenne auprès du gouvernement italien pour avoir des détails sur les avantages fiscaux concédés par l’Etat aux diverses confessions religieuses, a déclenché, mercredi 29 août en Italie, un concert de protestations. Le sujet est sensible dans un pays où l’Eglise catholique possède un patrimoine immobilier estimé à 100 000 immeubles pour une valeur de 8 à 9 milliards d’euros.
Saisie par des plaignants, Bruxelles cherche à vérifier si les exemptions de taxe immobilière dont bénéficie le clergé italien pour certaines de ses activités commerciales (restauration, hébergement), ainsi que la réduction de 50 % de la taxe professionnelle dans ses établissements scolaires et hospitaliers, constituent une distorsion de concurrence.

(Source : Le Monde, 30 août 2007)
Pour en savoir plus : article du 29 août 2007 dans Il Sole 24 Ore.

4 décembre 2007